La France en cessation de paiement

jeudi, 12.12.2013

François Schaller

L’affaire du demi-milliard de francs de rétrocessions fiscales que la France aurait dû payer à certains cantons suisses ces derniers mois oscille entre deux interprétations. Première hypothèse: la France exerce des mesures de rétorsion suite à un climat actuellement peu favorable en Suisse s’agissant des contentieux de voisinage. Le débat sur la nouvelle imposition franco-suisse des successions ayant lieu aujourd’hui au Conseil national, avec de sérieuses probabilités de rejet, il pourrait aussi s’agir de pressions. Ces intentions supposées semblent à vrai dire tellement médiocres qu’elles équivalent à rabaisser la nation française à des niveaux dramatiques d’insignifiance.

Seconde hypothèse, plus crédible (et non exclusive de la première): la France est en cessation de paiement. Elle n’a plus les moyens, avec en plus une capacité très réduite d’endettement. Ce qui revient à dire que les revenus fiscaux encaissés qu’elle doit à la Suisse sont en train de passer dans l’intervention armée en Centrafrique (un détournement de fonds). Les dépassements de budget de cette année dus aux opérations militaires extérieures de la France, 1,25 milliards d’euros environ, ont d’ailleurs commencé bien avant les mouvements de troupes initiés vendredi dernier.

Dans ces conditions, les protestations de la Suisse à propos des impayés de la France pourraient assez vite paraître déplacées. La France est en mission dans le monde, elle est peut-être en train de sauver l’Afrique. Après que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont déposé les armes devant la Syrie pour raisons budgétaires, le plus important semble aujourd’hui de ne pas la laisser seule face à cette immense responsabilité. C’est dire si ce simple épisode fiscal et local donne une idée des impasses dans lesquelles le monde développé s’est enfermé.






 
 

AGEFI



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