Entre crépuscule et rayonnement

mardi, 10.12.2013

Marjorie théry

L’atmosphère déprimée régnant sur la place financière suisse s’éternise. L’échéance tant redoutée d’hier sur la communication au régulateur quant à la participation des banques à l’US Program n’a fait qu’ajouter à la confusion. Et la confusion au découragement (quand ce n’est pas la révolte).

Depuis 2009 et la fin du secret bancaire fiscal, l’impression domine que la prospérité du wealth management suisse est définitivement derrière. La question reste sans doute ouverte s’agissant de la gestion privée offshore, dans les petites entités en particulier, mais la succession des événements ne semble pas avoir eu raison du modèle de private banking swiss made à l’échelle globale. On peut même parler d’un rayonnement sans précédent. Le groupe Julius Baer annonçait hier la reprise des activités de gestion de fortune internationale de Merrill Lynch au Moyen Orient. Il y a quelques jours, Credit Suisse faisait part de son intérêt pour l’acquisition des activités de gestion privée de Société Générale en Asie.

Le modèle suisse de private banking reste un must à l’international. On a tendance à l’ignorer en Suisse, par manque de recul. Pictet & Cie à Genève s’est hissé récemment à la tête de la gestion privée en Europe. UBS est redevenu cette année le premier gestionnaire de fortune du  monde. Le premier en Asie également, grande région considérée actuellement comme le marché clé dans ce métier. Dans la même zone en très forte croissance, Credit Suisse s’est hissé à la troisième place. Julius Baer y est sixième. C’est dire si les grands symboles dont toute la place financière a besoin pour progresser à l’international et à l’intérieur ne semblent pas menacés. Cette bonne nouvelle ne suffira pas à dissiper les craintes, mais elle peut aussi les relativiser.






 
 

AGEFI



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