Le risque aigu d’une crise bancaire chinoise

mardi, 25.06.2013

Les rumeurs de cessation temporaire de paiement de Bank of China la semaine dernière mettent en lumière l’état du système financier.

John plassard*

La quatrième banque chinoise a-t-elle connu, le 20 juin, un bref épisode de défaut de paiement? Selon le compte officiel de microblogging du journal 21st Century Business Herald, Bank of China aurait cessé tout paiement pendant une heure et demi dans l’après-midi. Le journal citait des sources anonymes. Si la Bank of China y voit des rumeurs «sérieusement infondées» et se réserve le droit d’opter pour des poursuites judiciaires, cela laisse tout de même planer le doute. Le système bancaire chinois s’affole. Le crédit interbancaire est totalement gelé, des rumeurs de faillite circulent. Les banques chinoises, qui ont accumulé pendant la folle période d’expansion des milliards de créances pourries, sont prises à revers par le retournement de conjoncture.

La cause de cette crise bancaire s’explique globalement par le comportement des gouvernements locaux dans l’incapacité de rembourser leur dette (malgré les fortes réserves en dollars de la Chine); ce qui a eu lieu depuis avril 2012, à Shanghai, dans les provinces du Sichuan et du Yunnan.

Cependant, tout comme aux Etats-Unis, la profonde raison vient de la bulle immobilière qui s’est constituée en Chine ces dernières années. Pour éviter la crise, le gouvernement chinois a décidé en 2009 d’injecter l’équivalent de 12% de son PIB dans l’économie. Le crédit depuis l’effondrement de Lehman est passé de 9000 à 23.000 milliards de dollars. Mais l’essentiel de cet argent s’est concentré sur l’immobilier, secteur déjà en surchauffe, assorti d’énormes dettes sur les autorités locales. Une spéculation effrénée s’est déchaînée dans ce secteur (avec l’aide des banques de l’ombre). Profitant d’une politique monétaire très laxiste, les banques ont prêté et investi à tout va dans des projets de plus en plus pharaoniques. Le système bancaire chinois a connu beaucoup de problèmes ces dernières années. Parmi les  16 banques cotées, 10 ont vu leurs actions chuter en dessous de leur valeur comptable, et cinq autres sont au bord de franchir ce cap. suite page 22

*Mirabaud Securities






 
 

AGEFI



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