Crédit Suisse rassérène le sentiment des investisseurs

jeudi, 19.03.2020

La volatilité a stimulé les revenus de la gestion privée et du négoce depuis le début de l’année, mais fortement pénalisé la banque d'affaires en mars. Bénéfice et rendement ROTE en progression sur deux mois 2020.

David Mathers, le CFO de CS Group a précisé, pour la première fois depuis quatre ans, l'exposition, réduite, de la banque au secteur du pétrole et du gaz.

En répondant jeudi matin en direct et en ligne aux questions que se posent les investisseurs dans le cadre d’une conférence d’une banque américaine, Thomas Gottstein, CEO de CS Group depuis le mois dernier, et David R. Mathers, son responsable des finances (CFO) depuis fin 2010, ont sans doute réussi à dissiper certaines craintes sur l’exposition de CS Group aux récents tumultes de marchés et peut-être aussi à susciter un sentiment plus favorable sur un titre qui avait encore perdu 43% de sa valeur en un mois.

Rebond de 11% de l'action CS

L’action CS Group a en effet finalement rebondi de 10,9% à 7,35 francs jeudi à Zurich, réalisant la meilleure performance de l’indice SMI, en fort rebond et au sein duquel toutes les valeurs ont été gagnantes, y compris UBS (+ 7,7%). C’est que les incertitudes sur l’exposition de CS Group aux entreprises du secteur pétrolier suscitait des craintes toujours plus manifestes au fur et à mesure de l’effondrement des cours du pétrole. Et ces dernières semaines, la banque n’avait pas communiqué à ce sujet. Or cette exposition se monte à 7,5 milliards de francs a annoncé jeudi David Mathers, dont 2,9 milliards en dessous du niveau d’investissement Investment Grade (IG). Cette exposition totale a ainsi été réduite de 20% depuis la dernière communication à cet égard, au premier trimestre 2016. Plus important : sur ce montant de 7,5 milliards, seuls 1,7 milliard (23%) ont été effectivement utilisés. Cette exposition réduite au secteur pétrolier ainsi qu’aux prêts à levier financier (leveraged finance) et la croissance cumulée de la base des dépôt ont eu pour effet de renforcer substantiellement la résilience du groupe aux répercussions de la propagation du COVID-19 et à la volatilité des marchés selon la banque. Reste que pour le CEO Thomas Gottstein, «l’impact de la pandémie sur nos résultats financiers à venir reste difficile à établir à ce stade et nous continuons à surveiller prudemment notre exposition aux crédits». La banque s’est toutefois déclarée très satisfaite de la manière avec laquelle les équipes ont géré le regain de volatilité, y compris dans des domaines comme les crédits lombards. Il y a certes eu des «appels de marges» appelant des clients à déposer des sécurités supplémentaires pour compenser la chute de titres, mais sans que la banque ait eu à essuyer des pertes marquantes.

Rendement ROTE au-dessus de la cible de 10% sur deux mois 2020

La profitabilité de CS Group s’est en outre inscrite jusqu’ici dans la forte tendance à l’amélioration observée dans les résultats du quatrième trimestre 2019. A telle enseigne que le bénéfice avant impôts pour les deux premiers mois de l’année est supérieur au montant de 1,06 milliards de francs réalisé au cours de la même période 2019. Quant au rendement des fonds propres tangibles (ROTE) - autrement dit diminués du goodwill et autres immobilisations corporelles – celui-ci s’est élevé à plus de 10%, toujours pour les deux premiers mois. Cet indicateur se trouve par conséquent dans le cadre de la cible fixée pour 2020 (10-11%) et au-dessus des 8,7% enregistrés l’an dernier. Ces deux dernières valeurs ne concernent toutefois que les deux premiers mois de l’année.

Actifs sous gestion marginalement en baisse

Dans le métier principal du wealth management, les revenus de l’ensemble du private banking s’inscrivent jusqu’ici (so far) en progression par rapport à la même période 2019. La banque a profité du regain d’activité des clients, du moins jusqu’à fin février, avec pour conséquence une hausse des revenus des transactions. Lors de la conférence de jeudi, David Mathers a expliqué que la chute des marchés d’actions n’a déployé qu’un impact atténué sur les encours moyens sous gestion privée, dans la mesure où les portefeuilles des clients ne comportent en moyenne que 30% d’actions. De ce fait, «le niveau des actifs sous gestion n’est que marginalement inférieur à la valeur moyenne des encours en 2019». Or selon le rapport de comptes au quatrième trimestre 2019, la valeur moyenne des actifs sous gestion s’établissait à un peu plus de 732 milliards de francs l’an dernier pour les trois unités de private banking : International, Suisse et Asie-Pacifique, ou à près de 1449 milliards, compte tenu de l’asset management.

Fort ralentissement en mars pour la banque d’affaires IBCM

Dans les activités de marchés ou de négoce, les équipes de traders ont profité des pics de volatilité, avec pour conséquence une hausse significative des revenus depuis le début de l’année. Si dans la banque d’investissement, au sens général de ce terme, les activités de négoce ont tiré profit des tumultes des marchés, cela n’a pas été le cas pour les opérations d’émissions ou de souscriptions qui étaient en préparation dans la banque d’affaires :celles-ci se trouvent en attentes. Après un fort début d’année dans les fusions et acquisitions et les opérations sur actions, la division banque d’affaires "IBCM a subi un ralentissement considérable de fin février à mars dû à l’impact du COVID-19 sur les marchés et les activités clients. Et nous nous attendons à ce que cet impact pénalise les revenus de IBCM et du reste de l’industrie pour un trimestre environ» a précisé David Mathers.

Discussions pour soutenir l'économie et les PME

Enfin, Thomas Gottstein a indiqué que la banque était en discussions avec la Confédération, la BNS et la Finma sur les moyens de soutenir l’économie suisse avec le concours d’autres banques afin de trouver de bonnes solutions de financement pour la clientèle des petites et moyennes entreprises.






 
 

AGEFI



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