La Fed doit se préparer au prochain ralentissement

mercredi, 03.10.2018

Pour Charles Evans, président de la Fed de Chicago, il est temps d'étudier les moyens de faire face au prochain ralentissement de la croissance.

Charles Evans, président de la Fed de Chicago.

Au vu d'une économie américaine dynamique, d'une inflation proche de l'objectif de 2% de la Réserve fédérale et d'un resserrement monétaire susceptible de freiner modérément la croissance en 2019, il est temps d'étudier les moyens de faire face au mieux au prochain ralentissement de la croissance, a déclaré mercredi Charles Evans, président de la Fed de Chicago.

Les changements fondamentaux subis par l'économie depuis la crise financière impliquent qu'il n'est pas nécessaire de rehausser les taux d'intérêt autant que par le passé pour freiner l'économie.

Ce qui veut dire aussi que la banque centrale aura moins de marge de manoeuvre pour baisser les taux lorsque se produira la prochaine récession et il se peut qu'elle doive renouer avec des instruments de politique monétaire controversés, tels que les rachats d'obligations, pour relancer la croissance.

"Le temps est venu d'examiner sérieusement si la stratégie monétaire suivie par la Fed peut être changée, et de quelle manière, pour traiter au mieux ces difficultés en puissance", a poursuivi Evans.

Pour lui, plusieurs possibilités existent: relever l'objectif d'inflation à 4% ou adopter un objectif de telle manière que la Fed laisse l'inflation filer au-dessus de cet objectif durant des périodes prolongées pour compenser celles où l'inflation sera en deçà de l'objectif en période de marasme

Cette approche peut toutefois poser des problèmes car la population n'est pas forcément disposée à bien supporter une inflation élevée, a observé le banquier central.

En outre, note-t-il, "respecter nos mandats relatifs à l'emploi et à l'inflation risque d'exiger certaines longues périodes de forte accommodation monétaire", ce qui pourrait créer des risques pour la stabilité financière.

Etudier un nouveau cadre d'orientation de la politique monétaire nécessite de réfléchir à ces questions, dit Evans.

En dernier ressort, l'institut d'émission pourrait tout aussi bien ne pas changer de cadre de politique monétaire et se contenter de pratiquer de menus ajustements.

Choisir entre un changement radical et un aménagement doit reposer sur un seul critère, conclut-il, celui de la "capacité de réaliser les objectifs du mandat de la banque centrale". (ats)






 
 

AGEFI



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