Credit Suisse: troisième banque la plus dangereuse du monde

vendredi, 01.07.2016

Risque systémique. La banque suisse serait l’une des institutions financières les plus connectées de la planète.

Conrad Bertez

Dans un rapport publié mercredi par le fonds monétaire international (FMI) sur la stabilité du système financier allemand, l’institution aborde la question du Crédit Suisse sous l’aspect de l’interconnexion. Crédit Suisse figure comme banque posant le troisième plus grand risque systémique pour le système financier mondial. Le FMI estime le risque de contagion important en cas de «malaise» de la banque au travers du nombre d’institutions financières qui ont des créances sur le Crédit Suisse. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les affaires de la banque qui a déjà perdu 484 millions de francs au cours du trimestre dernier. Le régime de taux d’intérêt négatifs et le franc fort ont pesé sur les revenus de l’entreprise. Le titre a chuté de 10% lundi suite aux résultats du referendum britannique. Il a perdu 60% de sa valeur depuis juillet 2015, quand il s’échangeait autour de 28 francs.

Deutsche Bank est en première place dans ce palmarès du FMI et c’est donc la banque posant le plus grand risque systémique pour le système financier mondial. La Reserve Fédérale américaine a annoncé hier que la branche U.S. de la banque allemande avait échoué au deuxième round des stress tests CCAR pour la deuxième année de suite. D’après le régulateur américain, les préparatifs de Deutsche Bank en cas de crash ne sont ni appropriés, ni raisonnables, et son plan d’investissement est donc refusé. A la suite de cette nouvelle, le titre s’est retrouvé au niveau le plus bas depuis 30 ans.

Les provisions en capital constituées par la banque allemande ne sont pas suffisantes, et au lieu de s’améliorer, elles dégradent. Deutsche Bank est le plus grand acteur global sur les marches de dérivés. Il est engagé à hauteur notionnelle de 72 trillions de dollars. A premier abord, cela n’est pas alarmant, car c’est normalement la valeur nette, et non la valeur notionnelle qui compte. Les investisseurs de la Deutsche Bank connaissent leur métier et une bonne partie de cet engagement est surement composée d’opérations qui se hedgent, ce qui réduit énormément les pertes en cas de sinistre. Le vrai risque est celui de contrepartie. Deutsche Bank ne connait pas le bilan de toutes ses contreparties sur le marché des dérivés. Si, à la suite d’un évènement financier, l’une d’entre elles se montrait incapable de remplir sa partie du contrat, Deutsche Bank perdrait son hedge et devrait essuyer les pertes de la position avec son propre capital. Une telle situation occasionnerait des pertes terribles pour la banque allemande, mais étant donné l’interconnexion de Deutsche Bank au système financier global, les vraies pertes viendraient en retour, suite au choc systémique qui s’en suivrait. Ce serait une reprise de la situation d’AIG en 2008. L’assureur, contrepartie sur un grand nombre de credit default swaps (CDS), n’avait plus le capital pour s’acquitter de ses obligations, et les régulateurs on dû lui offrir un bail-out afin d’empêcher l’effondrement des institutions qui faisaient affaire avec AIG.n





 

AGEFI



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