La sélection des profils les plus sûrs réserve bien des surprises

lundi, 06.06.2016

Obermatt. L’analyse quantitative fait ressortir des entreprises passant sous le radar des analystes et des gestionnaires.

Christian Affolter

La société de recherche financière basée à Zurich Obermatt établit des listes de sélection de titres sur la base d’analyses purement quantitatives. Celles-ci peuvent parfois générer des résultats auxquels des gestionnaires humains n’oseraient même pas réfléchir. Cela vaut tout particulièrement pour l’édition du mois de juin. Elle présente pour celle-ci une sélection sur l’un des trois critères appliqués, la sécurité. Autrement dit, le niveau d’endettement et les liquidités disponibles pour le service de la dette. Pour établir le classement combiné, Obermatt fait aussi des analyses du point de vue de la valorisation, ainsi que de la croissance.

Parmi les titres du SPI offrant le meilleur profil du point de vue de la sécurité tout en étant valorisés de manière attrayante, Perfect Holding est tombé quasi complètement dans l’oubli. Notamment parce que son activité en termes de chiffre d’affaires a été assez modeste en 2015. La société domiciliée à Lausanne, qui apparaît en quatrième position de la liste d’Obermatt, a généré 15,6 millions de francs, pour une perte opérationnelle nette de 1,6 million. Il a notamment souffert de la chute de ventes de charters sur son marché principal, la Russie.

Dans son rapport annuel, Perfect Holding indique placer ses espoirs dans le Moyen Orient, où il s’attend à une croissance cette année, ainsi que de vouloir aborder plus activement les marchés européens. Pour renforcer sa croissance rentable, il examine toujours des opportunités d’acquisition. Afin d’absorber une partie des pertes accumulées apparaissant au bilan, l’Assemblée générale a voté le 27 mai une réduction de la valeur nominale du titre de 0,10 franc à 0,04 franc, selon les indications du Registre du commerce. Le cours de l’action se trouve actuellement juste en-dessous de la nouvelle valeur nominale (0,03 franc).

N’ayant pas recours à des prêts bancaires à l’exception d’une hypothèque pour ses bureaux au Royaume-Uni, son profil d’endettement est toutefois favorable. «Dès le moment où cette société arrive à mettre un terme à sa période déficitaire, la valorisation du titre est attrayante», a souligné le directeur d’Obermatt Hermann J. Stern. Cela vaut tant pour le chiffre d’affaires que la valeur comptable par rapport au cours de l’action. Tout en mettant en garde par rapport à l’investissement dans des petites cotations – la capitalisation actuelle de Perfect Holding est de seulement 7,24 millions de francs.

Il y a d’autres entreprises suisses se distinguant par leur endettement faible, notamment par rapport aux espagnoles. Le directeur d’Obermatt estime que l’Espagne offre un potentiel intéressant, mais que la sécurité, autrement dit l’endettement, représente un problème encore trop important en ce moment pour pouvoir oser y prendre des engagements. Les sociétés suisses du SPI offrent un profil de sécurité nettement plus favorable.

Cela vaut notamment pour le deuxième du classement quantitatif, le conglomérat familial Conzzeta, mis en évidence par Hermann J. Stern. Lui aussi se distingue par un endettement particulièrement faible. «La famille continuera de diriger cette société en tant que groupe sûr et diversifié, ou elle cèdera Conzzeta. J’aimerais y participer quel que soit le scénario qui se réalise.»

Le profil le plus favorable parmi les actions du SPI du point de vue de la sécurité revient toutefois à Tamedia, titre qui n’est actuellement couvert que par les analystes de Vontobel et ZKB. Il a continuellement renforcé son capital propre au cours des cinq dernières années et limité le montant de fonds étrangers. La Banque cantonale vaudoise arrive en troisième position de ce classement, qui contient avec Bobst encore une deuxième entreprise de ce canton. Classé au 5e rang, Newron montre qu’une entreprise pharmaceutique ne doit pas forcément se trouver dans une situation financière précaire avant de débuter la période de commercialisation de ses premières molécules. Après l’euphorie de 2015, le titre se trouve cependant aujourd’hui à nouveau au niveau de 2014. Chez Cham Paper Group (8e), la valeur du portefeuille immobilier, appelé à devenir une deuxième source de revenu forte au cours de la prochaine décennie, a un impact positif sur les chiffres d’endettement. La 9e place de BKW finalement rappelle que sa situation financière est plus confortable que celle de ses concurrents, ce que confirme sa notation crédit légèrement meilleure que celle d’Axpo. Parmi les trois grands groupes suisses, il est le seul à avoir accès au client final. Du côté de Bobst finalement, les opérations de restructuration, mais aussi de diminution de sa dette ont porté leurs fruits, tout en ayant réalisé une amélioration marquée de l’Ebit.

Notons que le classement des dix meilleurs titres selon le critère de la valorisation pour le SPI publié en décembre 2015 ne contient aucun de ceux se distinguant d’après la sécurité. A ce propos, Obermatt avait souligné que la notation sécurité de Meyer Burger, meilleure action d’après la valorisation, n’avait pas encore pu se rétablir. «Le retournement de tendance a laissé ses traces dans le bilan», a-t-il constaté. Le spécialiste des équipements pour la fabrication de cellules solaires avait été suivi par Pargesa, VP Bank, Swiss Life, LLB et la Banque cantonale du Valais, complété par Bank Coop figurant en 10e position. Ce qui reflète aussi le fait que ces financières ont mis du temps à reprendre après avoir été sanctionnées, à des moments différents toutefois.n





 

AGEFI



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