La piste du 4e homme comme futur président

jeudi, 02.06.2016

SWISSBANKING. Petit scénario de fiction sur l’identité d’un profil qui intéresserait beaucoup.

Sébastien Ruche

Selon la presse alémanique, il y aurait trois favoris pour la présidence de l'ASB: l’ancien CEO de Raiffeissen Pierin Vincenz, Alexandre Zeller, président de SIX, ancien de la BCV et de HSBC , et Olivier Steimer, l’actuel président de la BCV et vice-président de la BNS. Le problème: ce sont les habituels dès qu’un poste de haut niveau se libère en Suisse. Reste cet hypothétique quatrième homme, qui intéresserait beaucoup Swissbanking. Il pourrait s’agir de Lukas Gähwiler (photo), futur ex-CEO d’UBS Suisse.

Le prochain président de Swissbanking ne sera pas genevois ni issu d’une banque de gestion traditionnelle, contrairement aux deux derniers titulaires du poste, Pierre Mirabaud et Patrick Odier, qui quittera ses fonctions en septembre. Son successeur pourrait ne pas figurer parmi les noms déjà mentionnés dans la presse. Selon nos informations, l’Association suisse des banquiers étudie avec intérêt le dossier d’un quatrième homme. Ce qui relance forcément... certaines spéculations. Sachant que le bon candidat fait rarement partie de ceux qu’on mentionne dans ce genre de situation.

Le prochain président de Swissbanking sera probablement désigné le 20 juin, lors de la réunion du conseil d’administration de la faîtière du secteur bancaire suisse. A moins de trois semaines de l’échéance, le comité de nomination composé d’Urs Rohner (de Credit Suisse), Yves Mirabaud (de la banque éponyme) et Martin Scholl (Banque cantonale de Zurich), travaille sur une short list, dont rien n’a filtré pour le moment.

Selon la presse alémanique, il y aurait trois favoris : l’ancien CEO de Raiffeissen Pierin Vincenz (dorénavant président d’Helvetia et de Leonteq), Alexandre Zeller, président de SIX, ancien de la Banque cantonale vaudoise et de HSBC Private Bank, et enfin Olivier Steimer, l’actuel président de la BCV et vice-président de la Banque nationale (et ex-Credit Suisse).

Le problème: ce sont les  habituels dès qu’un poste de haut niveau se libère en Suisse. Par exemple, Olivier Steimer avait été pressenti en 2010 pour la présidence de la Finma grâce à son expérience chez Credit Suisse et à son bilinguisme romand-alémanique (le poste avait finalement été attribué à Anne Héritier Lachat). Par ailleurs, même s’il n’en est plus le CEO depuis fin mars, Perin Vincenz (60 ans) est assimilé à Raiffeisen, la banque régulièrement critiquée par ses consoeurs pour une concurrence jugée agressive.

Reste cet hypothétique quatrième homme, qui intéresserait beaucoup Swissbanking. Au très incertain jeu des devinettes, il pourrait s’agir de Lukas Gähwiler, le futur ex-CEO d’UBS Suisse, qui quittera justement fin août les fonctions qu’il occupe depuis six ans. Un timing idéal: le prochain président de Swissbanking sera intronisé au plus tard mi-septembre, lors de la Journée des banquiers.

Sur le fond, l’homme a plus d’une fois impressionné par sa hauteur de vue intellectuelle, surtout en politique économique, un domaine où il serait très à l’aise pour concilier les intérêts divergents de plusieurs métiers et plusieurs types de banques.

Dans ce scénario de fiction, une nomination de Gähwiler (51 ans) aurait aussi l’avantage d’expliquer son «souhait» (dixit la banque) de quitter UBS Suisse, une décision qui avait largement surpris en mai dernier. Autre pièce du puzzle: Lukas Gähwiler restera président de la Région Suisse d’UBS à partir de septembre, ce qui lui laissera du temps pour des mandats additionnels. La présidence de Swissbanking correspond officiellement à un taux d’occupation de 50%. Comme nous l’écrivions le 13 mai dernier, il a peut-être effectué un «repli idéal pour rebondir».

Enfin, une éventuelle nomination de Gähwiler pousserait le président d’UBS Axel Weber à se retirer du conseil d’administration de Swissbanking, afin que la grande banque ne soit pas surreprésentée. Rien d’insurmontable.n





 

AGEFI




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