Que faut-il faire, vendre ou ne pas vendre?

mardi, 10.07.2018

Christian Pire*

Christian Pire, www.socioecopofi.com

Donald Trump président de la première puissance mondiale décide de déclarer la «guerre commerciale» à la Chine et à l’Europe. Que faire? Agir, ou incrédule voire tétanisé ne rien faire et attendre de voir venir? Choisir une certaine sagesse d’action ou subir une logique sclérosante, menant très souvent au sempiternel «on ne pouvait pas savoir».

Pour ma part, je pense que si le rôle des professionnels financiers est d’investir et de spéculer, il est avant tout de sécuriser les capitaux des épargnants lorsque la situation devient trop hasardeuse. Malgré le crescendo des actions de Monsieur Trump, les marchés restent stoïques. Stoïques ou apeurés par les risques de l’action... Le 20 juin, j’ai choisi d’écrire à mes lecteurs: «Madame, Monsieur, les événements actuels sont des plus préoccupants et pourraient être le déclencheur d’une crise. Je vous propose de réfléchir selon vos objectifs aux actions appropriées dans ce cas. En ce qui me concerne, je pense qu’il faut sortir significativement, car les propos et actions du président des États-Unis sont sans équivoques.» 

Ai-je bien fait, alors que le marché ne réagit pas – pour l’instant – a due proportion de la situation? Oui, car le marché n’est devenu qu’une représentation théâtrale de chiffres sans contrepartie financière. Nous, professionnels financiers avons en face de nous des épargnants/investisseurs peu ou prou avertis.

Faire comme les copains?

Dans la situation actuelle, notre choix peut se résumer en: je fais comme les copains en priant que rien n’arrive (et si cela arrivait, je pourrais dire comme tout le monde que l’on ne pouvait pas savoir) ou j’agis et je conseille de vendre. D’un côté, une décision qui peut se comprendre, de l’autre, une action qui transforme et sécurise des chiffres comptables en plus-value. 

Naturellement, une option pourrait être de capitaliser uniquement le montant des plus-values et laisser le capital sous le vent des décisions de l’homme d’action Trump. Cette option serait-elle opportune dans la situation actuelle?

Dans l’œil des cyclones

Souvenez-vous, dans mon article «S’agit-il de crises financières ou de crises d’un aveuglement collectif volontaire?» du 29 août 2017, j’écrivais: «En réalité, nous restons dans l’œil des cyclones financiers que nous créons nous-mêmes. Certes pour l’instant l’amplitude des premières alertes, étant répartie sur quantités de nouvelles dérives financières et nouveaux pays entrant réellement dans le jeu financier, peut paraître faible, mais ne nous y trompons pas, cette apparence de faible amplitude se traduira par une nouvelle crise des plus douloureuse aux conséquences sociologiques, économiques, politiques et financières inconnues à ce jour. Pourquoi la persistance de cette situation de crises répétitives? Tout simplement parce que les règles et règlements continuent d’ignorer l’autre élément majeur des crises à savoir: le mensonge.» Pariez-vous sur: Trump tchatcheur ou Trump homme d’action?

*www.socioecopofi.com






 
 

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