Entreprises agiles: le coaching comme mode d’accompagnement

mardi, 03.04.2018

Christophe Clavé*

 

Les dirigeants, les managers, les experts ont toujours eu à leur disposition de nombreux accompagnants, qui leur apportaient les connaissances, les outils nécessaires à l’accomplissement de leur mission. On trouve sur internet le témoignage de tous les grands chefs d’entreprise de la planète, affirmant la nécessité d’être accompagné par un coach, de Bill Gates, à Larry Page, Jeff Bezos, Jack Ma...

 

  • Le coaching est la réponse datée et contextualisée qui convient aux entreprises aujourd’hui. Chaque époque a eu son modèle managérial et organisationnel dominant. Et chacun de ces modèles a généré des formes d’accompagnement des dirigeants qui lui correspondaient. Le taylorisme a donné naissance aux bureaux des méthodes, à la définition précise du contenu des postes de travail. La nécessité de prendre l’humain en compte a abouti à l’école des relations humaines, aux travaux sur la productivité au travail basée sur la motivation. Le management s’est professionnalisé, et d’innombrables conseils en tous genres ont accompagné les entreprises vers plus d’organisation, de normes, d’efficacité. Le modèle japonais a apporté ce qui manquait en optimisation des modes opératoires, et à une forme de flexibilité. Sollicité sur d’innombrables sujets par de nombreuses parties prenantes, les dirigeants et managers ne peuvent avoir réponse à tout.
  • La démarche d’accompagnement est centrée sur l’individu et ses ressources propres. Confrontés à une exigence d’omniscience, les attentes qui pèsent sur les dirigeants dépassent leurs possibilités d’y répondre. Le Gnothi seauton («connais-toi toi-même») de Socrate revient en force: il est inutile de courir après les conseillers, des outils, des schémas. La vérité et la connaissance se trouvent en soi-même. En explorant ses réussites, ses échecs, ses réalisations, le dirigeant fait resurgir les éléments lui permettant d’affronter la situation qu’il rencontre. Ne nous trompons pas: sous des apparences de banalité, cette révélation ouvre de nouveaux horizons, et confère des capacités allant bien au-delà de l’application d’un savoir précis à un cas particulier.
  • La maïeutique et l’humilité comme préalable à l’apprentissage: la maïeutique, accouchement de l’esprit, vise à travers l’exploration conduite par le coach, à aider le dirigeant à faire resurgir le souvenir enfoui de connaissances oubliées. C’est l’art du coach de permettre cet accouchement. L’humilité est la condition de tout apprentissage, particulièrement les apprentissages sur soi. Revenant à Socrate («je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien»), celui-ci enseignait une attitude de grande humilité, la reconnaissance de son ignorance, comme le préalable de tout apprentissage.
  • La quête de l’agilité: les organisations agiles sont en quêtes d’individus libres jouant le jeu de la réussite collective. Les équipes agiles recherchent des profils libérés des représentations dominantes du XXe siècle (fonctions, titres, hiérarchie). L’époque est à la collaboration, la coresponsabilité, l’innovation continue, la recherche de la satisfaction du client. Le coaching aide à cette réflexion sur soi, sur son rôle et sa place au sein de l’entreprise, et se positionne aujourd’hui comme l’accompagnement le plus adapté aux évolutions de l’époque.

 

Mode d’accompagnement banalisé aux Etats-Unis depuis des années, le coaching perce plus rapidement en Chine par exemple que dans des pays comme la France ou la Suisse francophone, dont les schémas mentaux demeurent très ancrés dans des représentations traditionnelles des organisations. Plus qu’un symptôme, peut-on considérer la diffusion du coaching comme un indicateur d’agilité?

*Président EGMA






 
 

AGEFI



 
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