Investissements: éthique, quelle éthique?

mercredi, 28.02.2018

Christian Pire*

Le Larousse définit l’éthique en «principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu’un», la morale en «règles de conduite pratiquées dans une société, en particulier par rapport aux concepts de bien et de mal» et les concepts en «idée générale et abstraite que se fait l’esprit humain d’un objet de pensée». 

Ainsi, l’éthique ne serait-elle in fine qu’une «idée générale et abstraite de bien et de mal» en fonction des situations? 

Le moment ne serait-il pas venu de passer du concept «éthique» à l’affirmation «humanisme» qui caractérise l’humanité en «plaçant l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs»? 

Les investissements dits éthiques doivent évoluer vers les investissements «Humanity Invest». Cette avancée nécessaire ne peut se faire qu’en partenariat avec les autorités de régulation. Autorités qui, évoluant dans un système concurrentiel, ne peuvent garantir, seules, l’éthique de l’humanisme et de l’humanité financière. 

Redonner du sens à la finance

À l’instar du président de l’Autorité des marchés financiers en France qui après avoir publié «Stratégie 2013-2016 Redonner du sens à la finance», a dû revoir sa copie en 2016 en «Pourquoi redonner du sens à la finance?» Question étonnante alors que nous n’étions pas sortis de la plus grosse crise financière du siècle. Point de remarque désobligeante, juste un fait. 

Une réponse adaptée

En réalité, seuls nous professionnels pouvons travailler en aval des autorités à une réponse financières adaptées aux idéaux synthétisés par Einstein, dans son livre «Comment, je vois le monde», en «du bien, du beau et du vrai». 

Pour réaliser cela, la permissivité des concepts ISR, ESG et IRD n’est pas adaptée. 

Or politique d’exclusion stipulée par le client, ces concepts ne constituent aucunement une garantie de ne pas financer directement ou indirectement des banques systémiques, de l’armement, la spéculation sur matières premières et autres problématiques portant atteinte à l’humanité. 

A l’image de la désinformation financière des valeurs liquidatives qui reste étonnamment une réalité dans ces normes. Il est temps d’offrir une alternative d’investissement claire, nette et précise sur l’exclusion systématique de tous secteurs d’investissements et système d’informations financières qui porteraient atteinte à l’humanisme. 

Placer l’Homme et les valeurs humaines au-dessus des concepts, tel est le chemin Humanity Invest. Einstein nous rappelle également que «faire, créer, inventer exige une unité de conception, de direction et de responsabilité.» 

Cette unité de conception, de direction et de responsabilité n’étant pas systématiquement présente dans les normes ISR, l’ESG et IRD, nous devons logiquement faire évoluer ces normes techniques en une réalité Humaniste ayant une réelle crédibilité financière de réalisation des performances annoncées. 

Et si nous prenions l’habitude de nous poser la question du «bien, du beau et du vrai» avant tout acte ou décision financière?

*www.socioecopofi.com 






 
 
agefi_2018-02-28_mer_02


 

...