Cinq caractéristiques pour reconnaître une entreprise agile

lundi, 26.02.2018

Christophe Clavé*

Pendant les réunions, j’observe souvent à l’évocation du terme «entreprise agile», que des sourcils se lèvent, des moues dubitatives se manifestent. Est-ce parce que cette expression est trop employée, ou employée à tort et à travers? Peut-on définir l’agilité à quelques principes

La notion d’agilité est apparue en 1999 dans le «manifeste agile», qui posait les bases d’une organisation moderne et efficiente dans le domaine de la création de logiciels.

Depuis, une riche littérature a couvert cette notion. Que peut-on en retenir? Quelles sont les caractéristiques de l’agilité?

1. Un environnement incertain et turbulent.

Si vous avez la chance (ou l’ennui) d’évoluer dans un environnement stable, aux contours définis et peu évolutifs, si pour votre entreprise l’avenir sera peu ou prou la répétition du passé, l’agilité n’est pas pour vous. Si au contraire tout change autour de vous, les technologies, notamment les offres de produits et services de vos concurrents, si de nouveaux concurrents apparaissent, porteurs d’offres nouvelles que vos clients regardent avec les yeux de Chimène, si les lois, les règlements concernant votre entreprise évoluent, si vos fournisseurs remettent en cause des années, des décennies de collaboration, alors l’agilité devrait vous concerner.

2. La nécessité de créer et de s’adapter.

Car ce mælstrom vous impacte, vous et votre entreprise toute entière. Sans innovation, sans nouveaux produits ou services, sans communication innovante et impactante, vous risquez d’être perçu comme «le dinosaure de service». Et vous connaissez l’histoire de l’évolution des dinosaures…

3. Votre envie de tenter la coopération et l’apprentissage.

Ici l’idée est que si vous vous retrouvez dans les conditions décrites précédemment, vous n’avez pas vraiment d’autre choix que la coopération et l’apprentissage. La coopération, c’est à dire vous émanciper de cent ans de management taylorien et post-taylorien, d’organigramme fonctionnels et hiérarchiques, de fonctionnement par silos (autrefois appelés «fonctions»), et sur une base hiérarchique. 

L’agilité c’est l’avènement d’équipes autonomes et co-responsables, sans hiérarchie réelle, travaillant autour de projets de transformation et d’innovation, pouvant toucher toutes les sphères de l’entreprise. L’apprentissage n’est pas non plus une nouveauté de l’année, le concept «d’entreprise apprenante» date des années nonante. Ce qui est nouveau, ce sont les modalités de l’apprentissage: en situation de travail, en fonction des besoins des équipes projet, très focalisées sur les résultats à atteindre.

4. Le partage des informations et savoirs sur un mode collaboratif, autonome et responsable.

Il n’y a pas d’agilité sans changement profond des cultures et pratiques managériales. Si vous ne me croyez pas recrutez un ou plusieurs collaborateurs nés dans les années nonante. Vous verrez.

5. Tout est centré sur le client, la valeur créée pour le client et perçue par lui.

C’est le pivot central de toute démarche agile. Rein ne se fait sans que la finalité soit d’accroître la valeur perçue par le client. Le client est au centre de l’entreprise, de ses projets, de ses innovations. 

Là encore, rien de vraiment nouveau, le client est depuis des décennies au cœur des politiques d’entreprise. 

Mais il s’agit ici de quitter la communication corporate, les belles affirmations et «mission statement» pour appliquer au quotidien, partout et toujours, la certitude que tout ce qui est entrepris l’est pour le client.

Si tout ceci vous parle, alors l’agilité devrait vous concerner. Il est temps de commencer à penser autrement.

*Président EGMA SA






 
 

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