Le 24 janvier en Pays de Vaud ce «Brexit avorté»

mercredi, 24.01.2018

Nicolas Leuba*

A l’image du Pays de Vaud célébrant «son» 24 janvier autour d’un papet et d’un verre de Chasselas, verra-t-on un jour la Grande Bretagne célébrer «son» 24 juin autour d’un fish and chips et d’une pinte de bière?

Dans le canton de Vaud, depuis plus de deux siècles, le chiffre 24 a un goût de liberté et d’indépendance.

Libérés de la tutelle bernoise

Cette saveur particulière s’est encore renforcée depuis un certain 24... juin 2016, date à laquelle les Britanniques ont choisi de quitter l’Union européenne, se lançant sur le chemin incertain de l’indépendance vis-à-vis de Bruxelles.

Toutes proportions gardées, y a-t-il des comparaisons possibles entre ces deux morceaux d’histoire, entre ces deux envies de liberté?

Le 24 janvier 1798, les Vaudois se libèrent donc de la tutelle bernoise. Mais ils ne restent pas seuls longtemps. 

Cinq ans plus tard, le 14 avril 1803, sans doute pour éviter de se retrouver sous une autre tutelle – française cette fois-ci – le Canton de Vaud devient un canton à part entière de la Confédération suisse. Sage décision dira-t-on.

En intégrant le système confédéral, en déléguant une partie de ses prérogatives et de ses pouvoirs à... Berne, le canton de Vaud faisait certes le choix d’une indépendance relative. Mais ce choix de raison, cette décision de jouer le jeu de la solidarité entre cantons, allait lui apporter – comme aux autres cantons – stabilité et sécurité.

Cette stabilité et cette sécurité, nous le savons, sont des éléments vitaux pour notre économie. Sans elles, sans prévisibilité, nos entreprises ne peuvent se développer.

Le 24 juin 2016, respectant la décision d’une faible majorité de sa population, le Royaume-Uni a certes gagné son indépendance et sa liberté vis-à-vis de Bruxelles. Mais il est surtout entré dans une période d’incertitude, cette incertitude qui est l’ennemie du développement économique, forçant les entreprises à naviguer aux instruments. 

L’avenir nous dira toutefois quelles seront les conséquences à long terme sur l’économie britannique.

Dans le canton de Vaud, la récente décision du Conseil d’Etat de mettre en œuvre «sa» 3e Réforme de l’imposition des entreprises (RIE3) dès 2019 s’inscrit dans cette volonté d’offrir de la visibilité aux entreprises. De clarifier les conditions cadres.

Cette décision symbolise aussi les nombreuses libertés dont bénéficient les cantons, notamment dans le domaine de la fiscalité; une certaine idée de l’indépendance.

Rien n’est moins sûr.

Le 24 janvier 1798 a donc sans doute constitué une sorte de «Brexit avorté». Mais c’est tant mieux. 

Car Si la Suisse et ses cantons sont aussi prospères, c’est notamment grâce à notre modèle confédéral, qui a largement fait ses preuves, offrant notamment à notre économie les conditions cadre nécessaires à sa prospérité.

*Président UPSA VAUD & VAUD ROUTES






 
 

AGEFI




 
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