Impact investing et Objectifs de développement durable

vendredi, 19.01.2018

Masja Zandbergen*

Dans le domaine de l’investissement responsable, les dix-sept Objectifs de développement durable (ODD) édictés en 2015 par l’ONU sont omniprésents. 

Les grands fonds de pension ont déjà fixé des objectifs assez ambitieux et les gérants d’actifs développent des produits qui leur sont liés. L’impact investing prend ainsi une nouvelle dimension.

Les ODD fournissent un bon cadre de départ. En lançant les ODD, les Nations Unies ont spécifiquement invité les entreprises et les établissements financiers à contribuer à ce que les objectifs soient atteints. 

Les objectifs ne sont pas tous investissables de manière égale et ne sont pas tous pertinents pour l’ensemble des organisations. Certains investisseurs ont donc décidé de se concentrer sur quelques-uns, tandis que d’autres les ont regroupés dans des objectifs de niveau supérieur. Ces objectifs se sont toutefois révélés être un cadre pratique pour déterminer l’impact qu’un investisseur vise à avoir.

Des orientations pour chaque objectif

Les Nations Unies ont fourni pour chaque objectif des orientations quant à l’impact visé. Par exemple, un des ODD vise à promouvoir la bonne santé et le bien-être et inclut des cibles à long terme pour l’éradication de maladies graves telles que le paludisme. 

Sur un plan plus fonctionnel au quotidien, il vise à faire en sorte que chacun puisse bénéficier d’une couverture sanitaire universelle et à un coût abordable, mais aussi à réduire de moitié à l’échelle mondiale le nombre de décès et de blessures dus à des accidents de la route. C’est dans ces domaines que les entreprises peuvent s’engager directement. 

Pas uniquement la santé

Par ailleurs, les entreprises du secteur de la santé ne sont pas les seules à pouvoir contribuer à cet objectif. Les sociétés des secteurs des transports et de la finance peuvent par exemple elles aussi y participer.

Des retours financiers restent nécessaires

La plupart des investisseurs institutionnels exigent un rendement financier attractif pour leurs investissements d’impact. Néanmoins, ce qui consistait en des initiatives traditionnelles d’impact investing devient une approche plus courante et ce domaine étant relativement nouveau, les investisseurs devraient tenir compte du fait qu’il est peut-être nécessaire de réaliser des investissements dont les rendements n’ont pas été avérés.

Actuellement, ce sont généralement les résultats qui sont mesurés (émissions de CO2, engagement du personnel, etc.). Les mesures d’impact concernent des résultats tels que l’augmentation de la biodiversité, un impact plus faible en matière de changement climatique et la croissance économique générée. 

Les fonds traditionnels d’investissement d’impact ont déjà mis au point des méthodologies pour mesurer leurs résultats: dans la microfinance, par exemple, on mesure le degré d’accessibilité pour les femmes et dans les zones rurales, ainsi que le nombre d’emplois créés.

Même si les enjeux et obstacles sont nombreux, il est nécessaire que l’impact investing cesse d’être une niche et se généralise. Le secteur financier doit relever ces défis afin de montrer que l’impact investing peut réellement être mis en œuvre à grande échelle pour apporter un changement, là où un changement s’impose.

*Responsable de l’intégration ESG Robeco






 
 

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