Perspectives 2018: risques et opportunités

jeudi, 04.01.2018

Philippe G. Müller*

L’économie mondiale n’avait pas connu une aussi bonne année depuis 2011. La croissance s’est accélérée et le produit brut mondial a crû de 3,8%, contre 3,1% en 2016. Ce qui est singulier dans cette reprise, c’est qu’elle a été synchrone: sur les trois dernières décennies, il n’y a eu que six années où toutes les économies du G20 ont connu l’expansion en même temps.

Ce contexte conjoncturel favorable devrait perdurer l’an prochain. Les Etats-Unis et le Japon présentent un marché du travail robuste et des entreprises en pleine forme. En Europe, la croissance pourrait certes ralentir en raison de l’euro fort et de l’incertitude liée au Brexit. 

De même en Chine, où l’activité de construction pourrait être bridée par la baisse des prix immobiliers.

L’économie florissante au Brésil, qui s’est remis de la récession de 2015-2016, et en Inde, où les réformes économiques des douze derniers mois vont commencer à porter leurs fruits, devrait assurer un bon début d’année. 

Pour 2018, une croissance de 3,8% est attendue à l’échelle mondiale, prolongeant la robuste expansion de 2017.

Cependant, cela ne signifie pas que l’année sera simple pour les investisseurs. En effet, le contexte des investissements est en pleine mutation et à l’aube d’une nouvelle ère. Avec le resserrement des politiques monétaires, les aléas de la politique, les progrès de la technologie et les défis du développement durable – facteurs qui comportent tous des opportunités et aussi des risques – les temps de faible volatilité pourraient être bientôt révolus.

Des secousses localisées

Une décennie ou presque d’assouplissement monétaire s’achève. Les investisseurs feraient bien de se préparer à un regain de la volatilité, ainsi qu’à un renforcement des corrélations et à un découplage de la performance des actions. Des opportunités dans certains secteurs précis et, pour les investisseurs qui souhaitent réduire la volatilité de leur portefeuille, parmi les placements alternatifs sont à déceler.

L’agenda politique très chargé laisse craindre des secousses localisées. Au Brésil, au Mexique, en Russie, en Afrique du Sud, en Espagne et au Royaume-Uni, il faut compter sur une hausse de la volatilité. 

D’un autre côté, la réforme fiscale aux Etats-Unis et l’initiative chinoise en faveur de nouvelles «routes de la soie» pourraient bien ouvrir des opportunités aux investisseurs.

Les nouvelles technologies seront sources d’enthousiasme, mais aussi de bouleversements à grande échelle. Les investisseurs dont le portefeuille fait la part belle aux secteurs menacés par ces transformations s’exposeront à des risques accrus. En revanche, il existe des opportunités parmi les entreprises qui produisent et commercialisent des outils du «big data», les fournisseurs de solutions d’automatisation-robotisation et les fabricants d’électronique et composants pour les véhicules autonomes.

A cela s’ajoute le fait que le monde continuera de faire face à d’innombrables défis, qui vont du changement climatique aux inégalités économiques, en passant par la surexploitation des ressources naturelles. Les effets à court terme sur les marchés sont certes incertains, mais les nouveaux instruments d’investissement durable permettent aux investisseurs de contribuer de façon significative à la résolution à long terme de ces problèmes, sans renoncer à des rendements sûrs.

*Economiste responsable pour la Suisse romande CIO WM UBS






 
 

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