L’industrialisation des start-up entre rêve et réalité

vendredi, 22.12.2017

Damarice Lai*

Industrialiser une recherche est-ce un parcours de combattant ou une mission impossible? Quel est l’avenir de l’innovation sur le moyen terme et quelles en sont ses retombées économique? Ce sont les questions que se sont posées StarTech et un sondage économique mené ces 5 dernières années sur la problématique de l’industrialisation et du parcours des start-up en Suisse. Notamment en ce qui concerne les investissements de la Confédération en matière d’innovation.

De ce fait, nous observons depuis plusieurs années qu’un écart se creuse entre l’investissement pour la création de l’innovation, par les activités de recherche et l’établissement de brevets, et d’autre part l’investissement demandé pour les amener jusqu’à l’industrialisation et la création d’une valeur économique durable pour l’exportation. C’est un enjeu économique majeur.

Commençons par raconter l’histoire de la jeune pousse au tout début de son cycle! Il est relativement simple pour un porteur de projet en lien avec un laboratoire ou une structure de recherche d’obtenir un financement pouvant aller jusqu’à 500.000 francs. Sur ce financement, la recherche et le développement peuvent prendre quelques années jusqu’à l’obtention d’un brevet. Arrive alors l’étape de la création d’un produit! La plupart des start-up ou des porteurs de projet se retrouvent face à deux défis majeurs: pouvoir transformer leur innovation en produit puis amener ce produit sur un marché d’exportation.

Pour transformer une innovation en un produit, la start-up a besoin d’engager de nouvelles ressources, d’identifier des fournisseurs clés, d’aller à la recherche d’un marché test en Suisse, de développer de nouveaux marchés en Europe, aux USA et dans le reste du monde. Et face à l’absence de financement notamment des fonds publics qui ne subventionnent que la recherche, elle doit souvent freiner l’avancement du projet, étirer les délais, limiter l’engagement de nouvelles ressources, et surtout retarder la collaboration avec des fournisseurs.

StarTech travaille depuis plusieurs années pour offrir une plateforme d’industrialisation, qui héberge et soutient les projets d’industrialisation des jeunes pousses jusqu’à leur trois premières année de mise sur le marché. Dédiée à l’intervention et au soutien de ces projets dans cette phase critique, la société propose un accompagnement sans lequel les chances de survie des porteurs de projet se réduisent considérablement, voire de plus de la moitié.

La plupart des start-up ne trouvant pas l’investissement adapté ni les ressources appropriées dans le bon timing, décident souvent d’abandonner leur projet et de se lancer dans un nouveau développement.

Pour celles qui arrivent en phase d’industrialisation, le chrono est enclenché et la course pour la mise sur le marché est lancée. La réussite du projet est surtout une question de bon timing communément connu comme le «time-to-market». Il se traduit par la durée de développement d’un produit jusqu’à sa mise sur le marché.

Le paradoxe d’investir sans compter par petites tranches en phase de recherches se confronte souvent à la frilosité et le peu de prise de risques des investisseurs – ne pouvant obtenir les garanties demandées – pendant les phases d’industrialisation et la phase de mise sur le marché.

La place et l’enjeu de l’innovation à long terme des start-up et des PME représentent un défi majeur pour le développement du tissu économique Suisse. De la Health Valley à la Silicon Valley y a-il un pas de fourmi ou un pas de géant.

*CEO et foundatrice Startech Consulting



 
 
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