2017, l’année de tous les records

vendredi, 22.12.2017

Emmanuel Ferry*

L’exubérance financière n’est pas encore irrationnelle. Il manque la phase ultime d’excès d’optimisme.

On retiendra de l’année 2017 le tableau de Léonard de Vinci «Salvator Mundi», adjugé pour la somme record de 450,3 millions de dollars, soit 4,5x le montant estimé par Christie’s. Peu de temps avant, l’attaquant brésilien Neymar a été l’objet du plus coûteux transfert de l’histoire entre le FC Barcelone et le PSG pour 222 millions d’euros.

Que penser alors de l’envolée du Bitcoin, en hausse de près de 1900% en 2017. Avec une valeur multipliée par près de 1385x depuis 2013, la bulle du Bitcoin dépasse la «Tulip mania» de 1634-1637, qui était la référence ultime en matière de bulle irrationnelle.

La sphère financière présente quelques signes d’excès mais, si exubérance il y a, elle demeure rationnelle. 

L’inflation des bilans des banques centrales de moins de 10% en 2007 à 37,4% du PIB aujourd’hui a réussi à se transmettre aux actifs financiers. La capitalisation boursière mondiale approche le seuil symbolique de 80 trillions de dollars, soit 105% du PIB mondial. C’est 20 trillions de plus que le niveau de 2007. 

Aux Etats-Unis, la valeur des actions cotées et non cotées représente 132% du PIB. Le pic de 2000 à 151% du PIB pourrait être atteint d’ici fin 2018. 

Enfin, nous observons 7 années consécutives de surperformance des Actions par rapport aux Obligations, la plus longue séquence depuis 1928.

Il y a un an, les stratégistes de Wall Street affichaient des attentes conservatrices pour 2017, de seulement +5% pour le S&P500. Ce chiffre a été atteint dès le mois de février. La performance effective sur l’année dépasse 21% au 18 décembre. 

Les Actions américaines sont sur le point de réaliser 14 mois consécutifs de hausse dans un contexte de volatilité historiquement basse. 2017 Le S&P500 a enregistré seulement 8 séances à +/- 1%, le nombre le plus faible depuis 1965. Les trois grands indices Dow Jones, S&P500 et Nasdaq 100 ont dépassé simultanément leurs plus hauts historiques à 31 reprises cette année. 

La solidité de cette appréciation s’explique par la continuité de l’action des banques centrales qui se juxtapose désormais avec une reprise fondamentale et une intensification du regain d’appétit pour le risque de la part des investisseurs. Par ailleurs, le secteur de la technologie a contribué à hauteur de 40%. De la hausse.

Le marché global de la dette a dépassé le seuil de 230 trillions de dollars, soit près de 325% du PIB mondial. Après un montant émis record de 1,8 trillion, le stock de dette des entreprises totalise 8,7 trillions de dollars, soit 45,2% du PIB. 

Le rendement du High Yield européen est passé sous le niveau des taux des emprunts d’Etat US. Le taux à 2 ans US repasse au-dessus du rendement du dividende du S&P500. Le rendement de la dette publique grecque à 10 ans passe en dessous de 4% en décembre, contre 19% au pire de la crise. Le Portugal emprunte désormais à 5 ans au taux de 0,4%. Enfin, l’Argentine a émis de la dette à 100 ans pour 16 milliards de dollars, pays a fait défaut à 8 reprises au cours des deux derniers siècles.

Cette liste de records non exhaustive reflète le caractère exceptionnel de l’année 2017. La progression des marchés Actions sans volatilité dans un contexte de croissance sans inflation et de liquidité abondante est une configuration unique dans la vie d’un investisseur. 2018 saura nous le rappeler tôt ou tard.

*Fonction Banque Pâris Bertrand Sturdza 






 
 

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