La BNS en Bourse: un pari sur la qualité de l’économie

mercredi, 20.12.2017

Marie Owens Thomsen, Indosuez Wealth Management

Le bitcoin et autres crypto-devises font couler beaucoup d’encre. En revanche, le cours de l’action de la BNS retient beaucoup moins l’attention

Pourtant, l’action valait 1750 francs suisses le 30 décembre 2016, pour  atteindre 3900 le 15 décembre 2017, et 4200 le 3 novembre 2017, un plus haut historique.

La Banque centrale suisse bénéficie d’un statut de société anonyme fondée sur une loi spéciale.

Le capital-social s’élève à 25 millions de francs suisses divisé en 100.000 actions.

La Banque est autorisée à distribuer un maximum de 6% de son capital- social, soit 1,5 million de francs, et donc 15 francs par action. Quand le prix de l’action monte, le rendement sur dividende baisse (car le calcul divise les dividendes par le prix de l’action) mais ceci ne semble pas inquiéter les investisseurs.

25% des droits de vote en mains privées

Fin 2016, un Allemand, M.Theo Siegert, était le plus grand actionnaire de la BNS, avec 6.72% du capital. Environ 25% des droits de vote sont en mains privées, le reste étant réparti  parmi les cantons et organismes publiques.

Les actionnaires publics les plus importants étaient, à la même date, le canton de Berne à 6.63%, le canton de Zürich à 5.2%, le canton de Vaud à 3.4%, et le canton de St Gall à 3.0%. En outre, la BNS doit verser au moins deux tiers de ses bénéfices sur l’année encourue aux cantons. La Confédération ne détient pas d’actions dans la BNS. Le statut de la Banque centrale suisse et son actionnariat peuvent surprendre, mais la BNS n’est pas la seule dans cette situation. Le Japon, la Grèce, et la Belgique ont des structures identiques.

La flambée de l’action BNS est probablement liée aux taux d’intérêt négatifs. Avec son dividende fixe, l’action de la BNS ressemble en quelque sorte à une obligation perpétuelle à coupon fixe. Le risque de l’émetteur est également très faible car dans la mesure où la Banque centrale contrôle la masse monétaire, elle ne peut en principe pas faire faillite.

Une bonne stratégie d’investissement

Un autre argument en faveur de l’action de la BNS est le profit attendu sur l’activité de gestion de la valeur externe du franc suisse. Cherchant à limiter l’appréciation de la devise, la banque vend le franc et achète des biens d’investissement libellés dans d’autres devises et, à condition que le franc se déprécie, c’est une bonne stratégie d’investissement.

En outre, acheter l’action de la BNS est également un pari sur la qualité de la gestion de la politique monétaire, certes, ainsi que sur la qualité de l’économie suisse. Enfin, si l’investisseur reste investi en francs suisses, ayant son travail et son domicile dans le pays, le risque de l’exposition au franc suisse est limité au coût d’opportunité.

Le plus grand problème avec l’action de la BNS est qu’elle n’est pas très liquide. Seul 42 actions ont changé de main le 15 décembre. Mais le coût de la liquidité est réel, étant donné que le taux obligataire à 10 ans était négatif de 0.25% le 15 décembre.

En 2018, une stratégie différenciée sera probablement gagnante, après la hausse généralisée de pratiquement toutes les classes d’actifs en 2017.

Repenser ses critères de liquidités serait une voie possible de différenciation.



 
 
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