Enfants du baby-boom: pensez à la succession de votre entreprise

mardi, 19.12.2017

Nicolas Leuba, président UPSA VAUD & VAUD ROUTES

Lors d’une succession d’entreprise, accepter de lâcher prise est sans doute la décision la plus difficile à prendre.

Les baby-boomers suisses sont des entrepreneurs dans l’âme. En effet, en 2017, plus de la moitié des directeurs et propriétaires de PME du pays sont âgés de 50 à 65 ans.

Corolaire, ces patrons baby-boomers doivent ou devront rapidement penser à la succession de l’entreprise qu’ils ont fondée ou qui leur a été transmise. Et c’est là que les choses peuvent devenir compliquées.

Tout d’abord parce que le nombre de successeurs potentiels a tendance à diminuer, du fait d’une Suisse vieillissante. Plus trivialement dit, parce que les patrons d’aujourd’hui ont fait moins d’enfants que leur parents.

Mais au-delà de cette problématique générationnelle, la succession d’une entreprise familiale doit se préparer minutieusement, à l’avance, au risque de se transformer en casse-tête voire en cauchemar.

3000 liquidations chaque année

Chaque année, le Secrétariat d’Etat à l’économie dénombre quelque 3000 liquidations d’entreprises - touchant 40.000 collaboratrices et collaborateurs - dues à l’absence d’un règlement de succession approprié. Si les causes de ces liquidations diffèrent selon les cas, elles ont toutefois un point commun: elles auraient sans doute pu être évitées si la succession avait été soigneusement préparée.

On estime que d’ici 2021, 70 à 80.000 entreprises suisses – soit 400.000 places de travail – seront concernées par un tel passage de témoin.

Il est donc capital que leurs patrons s’assurent que cette transmission se passe de la meilleure des manières.

L’Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA) s’est récemment penchée sur cet délicat dossier, afin de dégager quelques «best practice» et d’identifier les erreurs – fréquentes – à éviter tout au long de ce processus.

Il ressort que l’anticipation est le maître-mot d’une succession réussie. Il s’agit d’établir une stratégie, d’identifier les différents scenarii et surtout, au moment choisi, d’accepter de passer le témoin.

En effet, lâcher prise, «couper le cordon», est sans doute la décision la plus difficile à prendre.

Une entreprise, c’est l’histoire d’une vie. Pas facile d’accepter que l’on ne sera bientôt plus celui ou celle qui la dirigera.

Mais réaliser une succession sereine, c’est travailler au développement à long terme de l’entreprise, s’assurer d’en conserver les places de travail et, si tel est le souhait, de présenter son indépendance.

Trois quarts des PME suisses sont des entreprises familiales. Leur succession, qu’elle se fasse au sein de la famille ou à l’externe, revêt une grande importance pour la santé de l’économie suisse.

En conclusion, amis et amies entrepreneurs baby-boomers, offrez-vous, ainsi qu’à vos enfants, un joli cadeau de Noël: préparez assez tôt le passage de témoin au sein de votre entreprise familiale!

Le dossier pratique sur les successions réalisé par l’UPSA est disponible sur www.agvs-upsa.ch



 
 
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