Fonds de placements: commedia dell’arte et coussin

mardi, 12.12.2017

Christian Pire*

En soi, les «performances» annoncées des fonds de placement n’ont que très rarement une crédibilité financière.

Pourtant, ces «performances» fictives publiées quotidiennement continuent de faire l’objet de comparatifs, de commentaires de gestion et de palmarès. Il suffit de lire ces informations pour s’apercevoir que nous sommes invités quotidiennement à la commedia dell’arte financière ou règne, selon le Larousse, ingéniosité, naïveté, ruses et travestissements «comédie improvisée» ou «comédie à l’impromptu».

On peut considérer que nous avons trois acteurs dans la commedia dell’arte des «performances» quotidiennes des fonds de placement. Le premier acteur s’appelle «le gentil financier». Il incarne la partie du fonds de placement où règne la réalité financière absolue du prix et de la performance financière réalisée ou réalisable résultant d’un équilibre certain entre acheteurs et vendeurs.

Le deuxième acteur s’appelle «le comptable rusé». Lui représente la réalité relative comptable qui en faisant fi de tout équilibre entre l’offre et la demande, travestit la valorisation comptable en une image de performances financières réalisables. Oh, le fourbe!

Le troisième acteur s’appelle «le média naïf». Ce dernier publie et commente quotidiennement des «performances» qui ne sont en réalité que des chiffres comptables n’ayant aucune réalité financière. Les deux acteurs principaux (le financier et le comptable) n’ayant pas la même crédibilité, notre rôle de financier est de les gérer en bon metteur en scène de la pièce «Crédibilité financière pour tous».  Pour l’acteur financier de la «réalité absolue» qui gère en cohérence les volumes de titres, une gestion financière impliquant des prises de bénéfice régulières est tout indiquée.

Pour l’acteur comptable des «réalités relatives», là, il nous faut être plus fin. Nous devons transformer la fiction quotidienne comptable mark-to-market en une source de juste profitabilité.

Pour cela, il nous faut gérer opportunément les distorsions comptables momentanées issues de l’application de la règle comptable «mark-to-market» via le coussin. Le coussin n’est pas une simple prise de bénéfices en vue d’une moyenne à la baisse.

Il consiste en une concrétisation financière opportuniste réactive voire proactive des distorsions comptables momentanées avant qu’elles ne retombent tel un soufflé sous les réalités financières.

Ainsi, sans la technique du coussin, les valorisations des fonds de placement ne font trop souvent que voguer en fonction du «vent» boursier du moment.

La principale action de sécurisation ou d’optimisation pour les fonds de placement, en dehors des couvertures de cours, est bien la technique dite du «coussin».

Je forme le vœu que 2018 voit l’avènement d’une nouvelle information financière basée sur l’approche de vérités absolues au détriment des réalités relatives.

*www.socioecopofi.com






 
 

AGEFI



 

 


 
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