L’Indice de crédibilité de réalisation des performances annoncées

mardi, 14.11.2017

Christian Pire*

Un ratio n’est pas une réalité, il n’est que le reflet d’une formule mathématique partisane voire déformée. 

Et pourtant, combien de nos décisionnels professionnels ne sont-ils pas bâtis exclusivement sur des ratios mathématiques. Fin de la prise en compte des différents paradigmes d’une situation, juste des chiffres comptables qui auront tout pouvoir, y compris de nous délester ou d’amplifier nos responsabilités.

Exemple dans ces colonnes le 27 octobre 2017 avec l’article: «Un effet comptable dope les gains de Bayer» Extrait: «Le groupe allemand de chimie-pharmacie Bayer, en pleine fusion avec le géant Américain des pesticides et OGM Monsanto, a annoncé hier avoir plus que triplé son bénéfice net au troisième trimestre, toutefois entièrement grâce à un effet comptable.» 

Je travaille dans le monde financier, ce qu’a fait Bayer est fait à chaque nano seconde avec de multiples effets de levier aux conséquences systémiques décuplées.

Des chiffres sans cohérence financière

Quantité de soi-disant performances ne sont en réalité que des chiffres (ratios) n’ayant plus aucune cohérence financière. 

Réalité qu’il nous faut impérativement prendre en compte. Comment? Tout simplement en imposant que chaque utilisation d’un ratio soit conditionnée à la publication de son indice de crédibilité de réalisation des performances annoncées (ICRPA). 

Lorsqu’il y a cumul de ratios dans un décisionnel, il y a forcément cumul de failles génériques menant à la création de «bulles» et de «krachs» génériques. 

La prise en compte du temps

Si pour Krishnamurti «La pensée est la réaction de la mémoire» que penser de la persistance des ratios comptables qui continuent de faire totalement abstraction de toutes réalités financière et mémoire sociétale? 

Dorénavant, ce n’est plus sur les chiffres des ratios qu’il faut réfléchir mais sur leur crédibilité de réalisation. Les krachs d’hier et leurs mea-culpa «post mortem» déjà oubliés? 

Pourquoi cette situation? Est-ce dû à notre tendance maladive à vouloir accélérer voire ignorer les réalités du temps? Temps de réflexion, temps de mise en place, temps de concrétisation, etc.

La prise en compte du temps et de ses effets doit toujours anticiper la loi des grands nombres. Ainsi, les indices boursiers qui dans leur très grande majorité oublient cette loi sont régulièrement mis à mal.

L’évidence de la récurrence des crises financières ne démontre-t-elle pas qu’il est devenu impératif de doubler chaque indice par son Indice de crédibilité de réalisation des performances annoncées (ICRPA)? Comment? Tout simplement en pondérant les chiffres annoncés par la faiblesse des volumes échangés. 

En Bourse, 10 titres échangés à 110 ne seront plus la seule référence comptable de valorisation financière de milliers voire millions de titres. 

Là où hier on pouvait vendre et construire un argumentaire sur des «performances» non réalisées et non réalisables; demain, l’on ne pourra vendre et se développer que sur base de l’indice de crédibilité de réalisation des performances annoncées (ICRPA).

*www.socioecopofi.com



 

 
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