Que peut faire une PME face à l’incertitude croissante?

vendredi, 10.11.2017

Vincent Comte*

Vincent Comte. Créateur et directeur Electromag.

D’après l’indicateur de juillet de Switzerland Global Entreprise, plus d’une PME suisse sur deux aborderait l’avenir avec confiance, tablant sur des signaux positifs: bonnes perspectives de l’économie américaine, consommation en hausse en Allemagne… Pour les prévisions à court terme, les PME suisses semblent être dans leur zone de confort.

Quand il s’agit de long terme, une forme d’incertitude semble régner. Un autre sondage réalisé à la même époque par UBS Investor Watch montre que 82% des clients de la banque pensaient vivre dans la période «la plus imprévisible» de notre histoire. Et comme le remarquaient les auteurs du sondage, paradoxalement «à l’ère du big data et de la connectivité planétaire, notre connaissance du monde n’a jamais été aussi grande. Par ailleurs, notre capacité à prédire l’avenir n’a, semble-t-il, jamais été aussi faible.»

Les dirigeants de PME, sont concernés au premier plan. Les quelques données dont ils disposent leur donnent une confiance toute relative dans l’avenir proche. Mais elles sont largement insuffisantes pour prédire l’avenir plus lointain, de plus en plus incertain. Pour l’historien Yuval Noah Harari, «plus nous disposons d’informations pour cerner le passé et le présent, plus il nous est difficile de prévoir le futur». C’est le cas du dirigeant de PME qui doit trouver des solutions afin d’apporter un service sans faille à ses clients.

Dans le secteur industriel, la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement est confrontée à cette problématique. Certains composants ont des délais de livraison incompressibles. Pour fabriquer des produits finis en 2018, les commandes d’approvisionnement doivent être passées en 2017. Or plus la période est incertaine, plus il est compliqué de connaitre les besoins des clients. Dans le doute, ceux-ci passent des commandes pour ne couvrir que leurs besoins à court terme. Il est donc difficile de savoir à l’avance quelle quantité de composants il faut commander pour des hypothétiques livraisons qui pourraient avoir lieu six mois plus tard.

Une PME peut avoir recours à un MRP (Materials Resources Planning) pour planifier les ressources de production. Cet outil permet de planifier les besoins de composants à partir de prévisions de vente des produits. 

Les prévisions de ventes à moyen et long terme restent toujours incertaines mais elles peuvent être estimées à partir de courbes de tendances (historiques). Parallèlement, la proximité clients est essentielle afin de cerner l’évolution de leurs besoins.

On peut ensuite augmenter la flexibilité au niveau des achats. Pour raccourcir les délais d’approvisionnement on mettra en place des doubles sources pour certains composants à long cycle d’approvisionnement. 

En cas d’augmentation soudaine de la demande on multiplie ainsi les chances de recevoir les composants en provenance d’autres fournisseurs et de livrer le client à temps.

Dans cette période d’incertitude croissante, vaut-il mieux un petit zodiac ou gros paquebot? 

Un grand compte aura plus de moyens pour anticiper l’avenir et faire face aux coups de Trafalgar mais il disposera de moins de souplesse. Le fait de disposer de davantage d’informations ne lui permettra pas de mieux anticiper l’avenir. Face à l’incertitude, la taille a finalement peu d’importance. La réactivité et l’organisation sont les seules armes qui comptent. Des moyens tout à fait à la portée d’une PME donc.

*Créateur et directeur Electromag






 
 

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