Bilatérales, économie libérale et réformes

lundi, 04.01.2016

Les priorités du président de la Confédération pour 2016. Extraits de la traditionnelle allocution radiotélévisée du 1er janvier prononcée depuis Bâle.

Johann Schneider-Ammann*

Je me trouve au bord du Rhin, à la frontière avec nos voisins. Le port du Rhin et la ville de Bâle sont comme un condensé de la Suisse: une Suisse souveraine au milieu de l’Europe, économiquement liée au monde. Une Suisse où science, recherche et économie s’allient dans un espace restreint.

Ce sont des bases essentielles de notre réussite. Surtout maintenant, alors que nous devons faire face à d’importants défis (lire en page 8).

Au cours de l’année écoulée, bien des choses ont suscité notre inquiétude. Tout d’abord, c’est le franc fort qui a ébranlé un grand nombre d’entreprises. Puis, plus récemment, c’est le terrorisme et l’afflux de réfugiés qui nous ont montré comment des risques peuvent rapidement se transformer en drames. Nous devons défendre notre sécurité et notre liberté avec détermination. C’est devenu encore plus important. Notre devoir humanitaire nous commande aussi,dans le cadre des possibilités de notre Etat, de contribuer à soulager les souffrances des réfugiés dont l’intégrité corporelle et la vie sont menacées. Cette générosité n’est cependant pas à sens unique. Celles et ceux que nous accueillons doivent aussi respecter nos règles.

(...) Lorsque les passions se déchaînent, il est indispensable de s’appuyer sur ses forces. Les nôtres ne sont pas des moindres: la Suisse est le champion de l’innovation et de la compétitivité; notre formation duale est parmi les meilleures du monde; notre secteur public n’est pas paralysé par les dettes; et grâce à tout cela, presque tout le monde dans notre pays a un emploi, et du même coup une perspective. (...) Nous avons le privilège de vivre en sécurité et dans la prospérité. Cela ne va pas de soi. Que devons-nous faire pour que ce privilège perdure? Nous devons nous attaquer ensemble à des chantiers qui ne sont pas toujours agréables. Nous devrons vaincre nos propres réticences. Seule la cohésion nous permettra de réussir. Quels sont les travaux qui nous attendent? (...)

l Premièrement, nous devons assurer la voie bilatérale et préserver ainsi notre souveraineté. L’ouverture au monde a toujours été notre devise. Elle a fait notre succès.

l Deuxièmement, des entreprises fortes sont le meilleur garant de l’emploi. Et l’emploi est le meilleur garant de la sécurité sociale et du bien-être. L’économie suisse est toujours parmi les plus performantes. Nous devons veiller à ce que cela reste ainsi, en offrant des conditions-cadre libérales.

l Et troisièmement: «Tous unis pour l’emploi et la Suisse» - tel est mon slogan. Nous avons aussi besoin de courage pour mettre en œuvre des réformes qui attendent depuis trop longtemps. Je pense par exemple à la prévoyance vieillesse. L’AVS nous concerne tous, jeunes et vieux.

Une chose encore, (...): nous devons faire confiance plutôt que de nourrir nos méfiances, rendre possible plutôt qu’interdire. (...) La Suisse va bien. Nous pouvons affronter les défis à venir en position de force. (...) Je vous promets de m’y engager de toutes mes forces, pour forger des solutions qui servent l’intérêt de tout le pays. Ensemble, avec le Conseil fédéral, le Parlement et vous tous.

* Président de la Confédération






 
 

AGEFI



 
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