Les investissements franco-suisses au plus haut

vendredi, 26.05.2017

Alignement d’Etoiles? L’élection d’Emmanuel Macron dynamise les relations avec la France.

Romain Duriez

L’élection présidentielle française, qui a vu l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron dans la seconde économie du marché européen, est un excellent signal et cela pour plusieurs raisons. La première est politique, cela répond en effet à un besoin des français de voir évoluer et se renouveler le paysage avec un signal fort que la république n’est pas partisane mais pragmatique, intégrant un Président et un gouvernement capable de gouverner de manière consensuelle mais avec des objectifs clairs.

La seconde est économique, et là les étoiles semblent effectivement s’aligner, avec des signaux de reprise pour la croissance économique et une volonté de libéraliser l’économie, qu’il conviendra de garder intact en interagissant de manière habile avec les corps intermédiaires.

Deux éléments sont essentiels dans ce projet économique, le premier est l’évolution du droit du travail, afin de le mettre en adéquation avec son époque et cela au bénéfice des employeurs et des employés. Il s’agit de rendre plus aisée la création et la rupture du contrat de travail, un modèle qui fonctionne assez bien ici en Suisse et qui permet à l’entreprise d’adapter ses ressources humaines à son volume d’activité; on voit d’ailleurs qu’elle en fait un usage parcimonieux et la plupart du temps à bon escient, tant le recrutement, la formation et la fidélisation du personnel sont des enjeux importants, cette évolution annoncée qui apportera sans doute plus de dialogue social dans les entreprises, aura aussi pour mérite de redynamiser un marché du travail sclérosé où la mobilité est en berne.

Le second élément est la baisse des déficits et de l’imposition des entreprises (imposition sur le bénéfice, charges patronales et charges de production); et sur ces sujets il est important d’avoir une vision claire sur le modèle de société à atteindre, il est en effet très optimiste de faire vivre durablement une baisse des recettes, avec une baisse des déficits même dans une économie en croissance, aussi se pose la question du modèle social et de son évolution à moyen et long terme.

Si la France veut accroitre son attractivité économique et créer demain plus d’emplois, ces deux éléments se placent en haut des priorités, pour rassurer les investisseurs étrangers et notamment suisses, sur une simplification du droit du travail et sur une prédictibilité des impôts et des charges.

Pour ce qui est des échanges entre nos deux pays, ils ont connu une croissance de 4,5% en 2016 pour atteindre 32 milliards de francs , avec un excédent d’1,4 milliard pour la France, c’est un excellent résultat tiré notamment par l’aéronautique; par ailleurs la France occupe le premier rang dans un certain nombre de domaine, elle est en effet le premier investisseur d’Europe continentale en capital-investissement avec 9,5 millions d’euros investis dans 957 PME en 2015, Paris est également leader en Europe pour les obligations d’entreprises non financières libellées en euros, devant le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie; par ailleurs c’est première bourse d’actions de la zone euro, avec 40% de sa capitalisation totale.

La France et la Suisse, deux marchés matures, proches qui misent sur l’innovation et connaissent un véritable challenge pour la poursuite opérationnelle de nombreuses PME dont les actionnaires/dirigeants partent à la retraite. Ainsi et dans les 5 prochaines années, 25% de ces entreprises, qui constituent le poumon économique de l’hexagone devront trouver une solution à leur succession.

Pour les entreprises suisses, les étoiles sont alignées pour un investissement en France: franc fort, libéralisation du marché du travail, baisse des charges et vision pluriannuelle des politiques et des budgets pour l’état.

C’est notamment pour ces raisons que se tiendra le 2 juin prochain à Montreux les troisièmes rencontres pour l’investissement franco-suisse, regroupant PME, Grand Groupes et fonds d’investissement français et suisses pour une journée d’échanges, de partage d’expérience et de mise en contact; une occasion unique pour toute entreprise qui s’intéresse à une acquisition, une ouverture de capital pour transmettre ou développer ses activités ou encore à un investissement croisé dans un cadre franco-suisse.
* Directeur de la CCI France Suisse



 

 
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