A la veille d’une nouvelle crise bancaire

jeudi, 04.05.2017

Les Etats ne parviennent plus à rembourser leurs dettes l’incertitude du lendemain profite à l’or.

Didier Maurin

En 2007-2008, lors de la crise des subprimes aux Etats-Unis, l’ensemble du système bancaire mondial a failli imploser. A cette époque, la plupart des Etats ont décidé de s’endetter de plusieurs centaines de milliards supplémentaires afin d’injecter cet argent dans les banques pour les sauver de la faillite. Le résultat en fut un endettement colossal de ces Etats qui ne furent eux-mêmes sauvés de la faillite que par l’intervention de banques centrales ayant décidé d’imprimer «tout l’argent qui serait nécessaire».

Le résultat en est qu’aujourd’hui, une décennie plus tard, les Etats ne parviennent plus à rembourser leurs dettes, d’où l’arrivée historique des taux négatifs grâce auxquels les Etats encaissent maintenant des intérêts lorsqu’ils empruntent…

Les achats d’orpar la Chine

En y regardant d’un peu plus près, on constate que le système bancaire mondial est donc porteur de milliards de dettes d’Etats contractées pour le sauver, que les politiciens ont fini par ouvrir les yeux et qu’en Europe, par exemple, ils ont voté le texte de loi appelé «BRRD» prévoyant la saisie en banque d’une partie de l’argent des épargnants puisqu’il ne reste plus qu’eux pour garantir le système! La France est en passe d’adopter une variante de la «BRRD», la loi «Sapin 2» qui prévoit de bloquer des contrats d’assurance-vie, ce qui signifie que tout ou partie de cette épargne pourra être non remboursée, sur simple décision d’un ministre!

Ma conviction est simple et je la partage avec d’autres: si les politiciens ont voté ce type de lois, c’est pour s’en servir un jour ou l’autre, lors de l’avènement d’une crise.

Que se passera-t-il alors?

En fait, une dévaluation massive de la valeur de la monnaie, ou plus exactement «des monnaies», et une hausse massive de l’or. Cela va même un peu plus loin car depuis des années, les Chinois achètent «en sous-main» de grandes quantités d’or si bien qu’un beau jour, ils nous indiqueront que leur monnaie est arrimée à un stock énorme de métal précieux là où le dollar ne se sera plus qu’une monnaie ultra-endettée. Et à ce moment-là, ils veilleront à ce que le yuan devienne la première monnaie mondiale!

La Chine a de beaux jours devant elle puisque, malgré les rodomontades de Donald Trump à l’égard de la Corée du Nord, le désengagement massif des Etats-Unis en Asie du Sud-est lui laisse un quasi blanc-seing pour imposer son leitmotiv politique dans cette région. Or, Hong-Kong s’en rend compte en ce moment-même car il paraît de plus en plus évident que les Chinois veulent transformer l’île en dictature.

La situation géopolitique et monétaire mondiale est de plus en plus incertaine et, avec la prolifération des armes nucléaires, notre planète est bien moins sûre. Les peuples n’ont plus de boussole pour désigner leurs leaders. Ils n’ont plus de conviction, ne croient plus en rien et s’en remettent aux premiers charlatans venus en leur donnant les pleins-pouvoir. Le président turc, par exemple, a récemment renforcé considérablement les siens sur son peuple. Nietzsche a bien raison lorsqu’il affirme que la démocratie mène trop souvent à la décadence et qu’il ne faut pas trop attendre du peuple. Le populisme, c’est la mort de la vision à long terme et des choix bien définis, c’est le règne de l’incohérence et de l’immédiateté: il n’y a plus de racine, de profondeur, ni d’horizon, seul le temps présent compte. Cet enlisement dramatique dans lequel s’enfoncent nos Etats profite à l’or car l’incertitude du lendemain a toujours été favorable au métal précieux.






 
 

AGEFI



 
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