BILATéRALES. L’UE veut l’autorenoncement à notre souveraineté, à notre démocratie directe et à nos institutions " name="description"/>

L’exigence impossible

mercredi, 23.07.2014

BILATéRALES. L’UE veut l’autorenoncement à notre souveraineté, à notre démocratie directe et à nos institutions

Nous savons à présent quels sont les objectifs que s’est fixés l’Union européenne (UE) pour la poursuite des relations bilatérales avec la Suisse. Ils consistent somme toute à vouloir imposer à notre pays l’adhésion à l’Union. Ils sont à ce point absolus qu’ils ne laissent guère de marge de manouvre; ils sont tellement défavorables à la Suisse que seule une adhésion serait (un peu) meilleure. En clair, l’UE demande l’autorenoncement à notre souveraineté, à notre démocratie directe et à nos institutions en échange d’une participation partielle au marché intérieur.

Dans ces conditions, je recommande instamment de ne pas entrer du tout en négociation et de mettre fin à l’exercice. Pour diverses raisons, à la fois d’ordre externe et interne.

Raisons externes: depuis quelques années, l’UE traverse une crise dont elle est elle-même responsable. Elle risque d’échouer à force d’exagérer. L’expérience monétaire enserre de force la zone euro dans un corset politique, économique et fiscal. Elle va bien au-delà de ce qui convient à certains Etats membres, et en particulier aux puissants Anglais. D’où est née une profonde problématique institutionnelle qui pourrait se terminer par une scission.

En même temps, l’UE pratique une politique d’expansion spatiale qui, faute d’instruments de pouvoir, ne peut pourtant pas être assurée et qui a été mise en question en Ukraine. Des agendas personnels de politique étrangère comme ceux de Madame Merkel à l’égard de Vladimir Poutine contrecarrent les actions de Bruxelles qui, du coup, apparaissent naïves. Dans plusieurs pays membres, la colère gronde à la base. Le manque de légitimation démocratique et de subsidiarité commence à se venger; dans son isolement technocratique, élitaire et coupé du peuple, l’UE réveille justement les forces qu’elle s’était promis de juguler.

Dans ce contexte, la Suisse risque fort de devenir l’unique thème faisant l’objet d’un accord des pays membres de l’UE. La tache de honte que ce pays prospère représente sur la carte de l’Europe doit disparaître. Il faut absolument écarter ce danger.

Des raisons internes plaident également pour un retrait des négociations avec l’UE. Car notre gouvernement actuel n’est tout simplement pas en mesure de les conduire. Parce qu’il ne le veut pas ou ne le peut pas, ou les deux à la fois. Qu’il s’agisse de la politique des transports, notamment aérien, de l’électricité ou des questions fiscales, les résultats des négociations sont toujours les plus mauvais possibles. Tout ce que le Conseil fédéral et ses émissaires grossièrement surévalués sont capables de ramener à la maison, ce sont des obligations auxquelles les Suisses finissent par se plier en serrant les dents. Le Conseil fédéral est tenu par la Constitution, c’est vrai, de garantir l’indépendance de la Suisse. Mais expérience faite et compte tenu des exigences de l’UE, il faut s’attendre à de très mauvais résultats et à des couleuvres difficiles à avaler. Il est donc plus intelligent de retirer le mandat de négociation à ce Conseil fédéral.

Entre l’accès autorisé d’un commun accord aux marchés intérieurs de l’UE et de la Suisse et la participation de la Suisse comme pays tiers au marché intérieur de l’UE, il y a une différence fondamentale. Il convient de poursuivre le premier objectif, mais il faut renoncer sans ambiguïté au second.n

Traduction: Henri Schwamm    






 
 

AGEFI



 
...