La chance de la place financière

lundi, 25.11.2013

Hanspeter Hess*

L’évaluation de la Directive européenne sur les marchés financiers (MiFID II) fait apparaître des intérêts divergents entre les banques suisses principalement actives sur le marché intérieur et celles dont les activités sont axées sur la clientèle étrangère. De nouvelles entraves protectionnistes rendent l’accès au marché européen plus difficile pour les prestataires suisses de services financiers. Même une reprise autonome de la législation européenne par la Suisse ne permettra guère de supprimer ces obstacles. Pourtant, des prestataires de services financiers, focalisés sur la clientèle internationale, font pression, afin que MiFID II ou des règles adéquates soient mises en application en Suisse, au plus vite, via une loi suisse sur les services financiers.

Pour les Banques Cantonales, il est important que, dans le cadre des réflexions stratégiques sur la place financière suisse, les banques et leur importance économique ne soient pas réduites aux activités de gestion de fortunes axée sur la clientèle internationale et aux relations d’affaires transnationales avec des clients privés. Une préoccupation majeure des banques principalement actives sur le marché intérieur concerne les exigences en matière de régulation, qui sont bien trop élevées et que la Suisse pourrait être prête à reprendre de l’UE, afin d’éventuellement améliorer les chances d’accès au marché pour les banques dont les activités sont axées sur la clientèle étrangère. Cette problématique est accentuée par le fait que les banques principalement actives sur le marché intérieur ne sont pas en mesure de compenser ces frais supplémentaires en tirant partie des nouvelles opportunités ouvertes dans le domaine de la gestion de fortune transfrontalière, compte tenu de l’application du principe incontournable de la succursale, introduit par la MiFID II (quiconque souhaite exercer des activités transfrontalières doit avoir une succursale dans l’UE).

Ce faisant, on met en jeu la compétitivité et l’existence des banques principalement actives sur le marché intérieur, et donc leurs activités traditionnelles, que sont la fourniture de crédits et d’autres services bancaires élémentaires aux PME locales ainsi qu’à la population, avec un risque de conséquences graves pour l’ensemble de la place économique suisse. Afin de développer la stratégie relative aux marchés financiers et d’analyser les perspectives d’avenir de la place financière locale, le Conseil fédéral a mis sur pied, début septembre, un groupe d’experts («Groupe Brunetti II»).

(...) Agissant hors de la pression des affaires courantes, cet organe composé de 18 membres doit, dès à présent, se pencher sur les défis à relever par la place financière en Suisse, mais aussi sur les opportunités pour la place financière à l’étranger. Les Banques Cantonales attendent du groupe d’experts Brunetti, qu’il élabore des propositions visant l’obtention d’une place financière compétitive, tout en tenant compte des activités sur le marché intérieur.

* Union des Banques Cantonales     






 
 

AGEFI



 
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