Un bouleversement sectoriel impacte l’équilibre numérique

vendredi, 07.08.2015

Les valeurs Natu (Netflix, Airbnb, Tesla et Uber) contestent la puissance des Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple).

Tiago Pires

Travis Kalanick (Uber)

Quelque 51 milliards de dollars de valorisation. La semaine passée, la société de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) Uber a réussi une levée de fonds très fructueuse. Le tour de financement lui a permis de battre le record de Facebook. Cette semaine, c’est au tour de Netflix de battre des records au Nasdaq. Avec un plus haut à 126 dollars (hier à 15h30, heure suisse), le groupe américain de la vidéo à la demande enregistre une capitalisation boursière supérieure à 52 milliards de dollars. Les records de valorisation d’Uber et de Netflix démontrent un changement dans l’ère du numérique. Les Natu surpassent désormais les Gafa.

Derrière ces acronymes légèrement barbares, se cachent deux catégories d’acteurs informatiques. Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA) représentent la première vague de référence numérique. Cette première catégorie affiche toujours des chiffres en hausse, mais avec quelques volatilités comme la chute de 5% de la nominative Apple, quelques jours après la présentation de ses résultats semestriels. Aujourd’hui, les Gafa sont déjà ringardisés au profit de la tendance estivale, le phénomène de 2015: les Natu. Soit l’acronyme de Netflix, Airbnb, Tesla et Uber.

Souvent dénommés sous le terme de «licorne», ils représentent les nouveaux venus sur le large marché numérique. En proposant des nouveaux modèles d’affaires, cette nouvelle catégorie d’acteurs se développe à une vitesse impressionnante. Il y a encore seulement six mois, Uber ne valait «que» 40 milliards de dollars! La société valorise maintenant 51 milliards de dollars, largement aidée par Microsoft à hauteur de 100 millions de dollars. Et la progression ne semble pas s’arrêter en si bon chemin. En s’alliant avec le géant Baidu, Uber veut se positionner en Chine. Et prévoit déjà un important investissement en Inde.

Netflix entre dans le même schéma, avec une variante toutefois. Le groupe était un acteur de «l’ancienne» économie qui a saisi l’importance d’innover. Aujourd’hui, le spécialiste de la video-on-demand (VOD) compte plus de 65 millions d’abonnés dans le monde. Le groupe envisage d’atteindre les 180 millions d’abonnés dans quelque 200 pays et territoires d’ici la fin de la décennie. Si le terme Natu est en vogue, cette catégorie reste encore en retrait des références Gafa. Comme le rappelle le quotidien économique français Les Echos, les Gafa détiennent une valeur boursière supérieure à l’ensemble des entreprises cotées au CAC 40 français.

Dans ce monde numérique en forte progression, reste l’énigme Twitter. L’action Twitter semble ne plus s’arrêter de chute sur la plateforme boursière Nasdaq. Elle s’échange à moins de 30 dollars, soit à peine plus que son niveau d’introduction en bourse en 2013. Le tableau déjà assombri par des résultats loin des attentes, cette information complexifie encore plus la situation du site de microblogging. De plus, Dick Costolo, en poste depuis six ans, n’est plus le directeur général du groupe. C’est le co-créateur Jack Dorsey qui a repris le rôle dominant dans la direction.

Face à une situation morose, Twitter envisage plusieurs mesures afin de remonter la pente. Parmi les réflexions figurent une éventuelle acquisition par le géant américain Google. Ce dernier ne bénéficie pas encore d’un réseau social performant. Selon les analystes de Bloomberg, Twitter vaudrait, actuellement, quelques 20 milliards de dollars.

Si Google décidait de mener une opération d’acquisition auprès de Twitter, il pourrait enrichir considérablement son portefeuille de services. Cette opération garantirait surtout aux Gafa de surpasser largement les Natu.n





 

AGEFI



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