L’exposition aux énergies fossiles est élevée

jeudi, 22.06.2017

Swiss Re et Zurich. Leurs activités restent importantes relativement aux énergies fossiles à l’instar d’autres assureurs européens d’après Profundo.

Philippe Rey

L’exposition des groupes d’assurances aux énergies fossiles demeure considérable, tant en ce qui concerne les placements de capitaux que la souscription des risques. Ce constat ressort d’une étude réalisée d’après Profundo, l’organisation d’analyse de thèmes relatifs aux matières premières, aux institutions financières et à la responsabilité sociale des entreprises.

Celle-ci a été présentée hier à Zurich sous l’égide de Greenpeace Switzerland. L’objectif de cette étude est de mieux cerner l’engagement des douze plus importants groupes d’assurances et des six plus grands réassureurs européens dans le secteur des combustibles fossiles. Ceci a été accompli en analysant les investissements ainsi que les activités de souscription du risque et politiques en la matière de chaque groupe d’assurances sélectionné. A noter que Llyod’s of London, Munich Re (Ergo) et Talanx (Hannover Re) figurent à la fois dans le top 12 des assureurs et le top 6 des réassureurs.

Les placements de capitaux

On observe en particulier que la part des investissements (au travers d’actions et obligations d’entreprise) dans des entreprises actives dans les énergies fossiles se révèle relativement élevée pour Swiss Re et Zurich avec des parts respectives de 11,21% et 9,09%. Chubb, l’assureur américain désormais domicilié en Suisse, présente une part de 11,53%.

Les investissements cumulés dans ce secteur se montent à 130,7 milliards de dollars. Ce qui correspond à 7,8% du total des investissements analysés et à 2,2% de la publication la plus récente du total des actifs sous gestion comme reportés par les groupes eux-mêmes.

Avec une part de 1,45% sur ce plan-ci, Zurich fait preuve de davantage de modération qu’Allianz, Axa et Aviva, alors que celle de Swiss Re n’est pas disponible. Munich Re se situe en-dessous avec 0,87%.

La souscription du risque

La méthodologie employée, s’agissant de la souscription des risques inhérents aux énergies fossiles, montre un degré élevé pour tous les groupes pris en compte, entre autres pour Swiss Re et Zurich, à l’instar d’Allianz, Axa, Chubb, Generali, Llyod’s of London, Mapfre, Munich Re, Scor, et Talanx. Il s’avère moyen pour Aviva, ainsi que bas pour des entités plus petites comme Covéa, DZ Bank (R+V Versicherung) et Unipol au sujet desquelles aucune information spécifique relative à la souscription du risque des combustibles fossiles n’a pu être trouvée.

Zurich procure à l’échelle mondiale des solutions au secteur de l’énergie onshore et offshore.

De son côté, Swiss Re demeure un des acteurs clés en Amérique du Nord dans le secteur de l’énergie. Le changement climatique induit un risque direct dans l’assurance et la réassurance à cause des risques non prévisibles et sans précédent que ce changement comporte. Ces risques affecteront les engagements au passif du bilan des assureurs et réassureurs (les sinistres qu’ils devront payer) et la valeur totale de leurs investissements. Comme citoyens corporatifs (corporate citizens), les groupes d’assurances se doivent de jouer un rôle primordial en allant à la rencontre des objectifs définis par l’accord de Paris sur le climat.

Diminuer l’impact

Ces acteurs ont, en fait, tout intérêt à agir pour diminuer l’impact du réchauffement climatique et les dommages qui peuvent en découler. En investissant notamment dans les énergies renouvelables. Les assureurs et réassureurs doivent contribuer à la transition d’une économie basée sur les combustibles fossiles vers une économie qui utilise les sources d’énergie renouvelables.n





 

AGEFI



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