Business model diversifié et résilience

jeudi, 30.03.2017

Mercuria. La croissance très régulière des volumes marque un léger fléchissement malgré la hausse des quantités de produits pétroliers.

Marco Dunand, co-fondateur et CEO de Mercuria Energy Trading

Volumes de pétrole brut et de produits pétroliers en hausse à 105 millions de tonnes, gaz et électricité en légère baisse à 2275 TWh, métaux et charbon stables et crédit-carbone en chute sensible, Mercuria Energy marque une réduction de l’ensemble des quantités négociées (à 322 millions de tonnes équivalent pétrole) au terme de plus de 12 ans de hausse continue et une année record en 2015 suite à l’acquisition du portefeuille de matières premières de J.P. Morgan Chase.

La forte poussée des volumes négociés en 2015 sur le gaz et l’électricité ne s’est ainsi pas renouvelée en 2016 mais le niveau reste largement au-dessus des 1526 TWh de 2014. Mercuria commence à capitaliser sur les récentes acquisitions de marketing de pétrole de schiste aux Etats-Unis (Dakota du Nord et Rocheuses en particulier). Combinées aux nouveaux arbitrages associés à la levée des restrictions américaines à l’exportation, ces reprises expliquent en partie la hausse des volumes négociés sur les produits pétroliers. Côté crédits-carbone, le marché reste plus que morose en raison de l’excédent d’offre de certificats. Il est en attente d’une meilleure visibilité des retombées des accords signés à Paris fin 2015 lors de la COP 21.

En raison de l’affaiblissement des cours, le chiffre d’affaires brut est en réduction de 14% à 91 milliards de dollars. Le profit brut se monte à 716 millions de dollars (817 millions en 2015). En revanche, le profit net est en augmentation de 10% à 302 millions de dollars (275 millions en 2015). L’actif net de la société reste stable à 2878 millions de dollars (2883 millions en 2015).

Mercuria a mis en œuvre un plan important de réduction et d’optimisation de ses frais généraux et de ses coûts de structure d’environ 25%, finalisant ainsi l’intégration du portefeuille de J.P. Morgan Chase. En outre, Mercuria consent des investissements conséquents pour déployer de nouvelles technologies tout au long de la chaine d’approvisionnement, notamment dans la blockchain (lire interview) mais aussi sur les systèmes d’information et de gestion des risques à l’interne.

Le groupe continue à démontrer sa résilience et sa performance dans des situations de marché très diverses. Le groupe a été profitable au cours de chaque trimestre de son existence depuis sa création il y a treize ans. Suite à l’investissement de 12% de ChemChina dans le capital de Mercuria l’année dernière, la maison de négoce a identifié des synergies encore plus encourageantes qu’anticipées avec le groupe chinois. L’année 2017 parait se présenter sous des auspices favorables et Mercuria envisage déjà un renforcement de ce partenariat ou même la création de nouvelles alliances. – (NJN)





 

AGEFI




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