Ambiance anxieuse dans l’attente de MiFID II

jeudi, 17.11.2016

Bürgenstock. Le forum international des matières premières et dérivés s’est terminé hier à Genève. La réglementation qui doit entrer en vigueur pourrait scléroser le marché.

La grand-messe des dérivés à Genève s’est terminée hier dans une atmosphère d’inquiétude. D’une part avec un contexte politique plutôt anxiogène, entre Brexit et élection de Donald Trump, d’autre part avec des pressions réglementaires et technologiques accrues.

Au fond, même si il s’agit d’un forum international des matières premières et dérivés (plus connu sous le nom de Bürgenstock), on y retrouve sensiblement les même grandes préoccupations que si il s’adressait à un public bancaire suisse traditionnel. Pour cette 37e édition, l’International Commodities and Derivatives Association (ICDA), organisatrice de l’événement, avait prévu à l’agenda une section fintech. Avec notamment l’intervention de Colin Platt, CEO de DPactum, une startup londonienne qui conçoit des systèmes de gestion des dérivés, basés sur des technologies liées au blockchain. Un segment où les processus sont aujourd’hui très complexe, avec différents intermédiaires dans le monde et où le règlement d’une transaction peut souvent nécessiter plusieurs jours. Pour Colin Platt, la question cruciale est d’automatiser de plus en plus les processus et mieux gérer les risques associés. «Le système actuel donne une vue en silo des risques sur les dérivés. Alors qu’un registre distribué offre une vision globale et permet une réduction des coûts du capital comme des opérations». L’avenir des dérivés est aussi lié au big data et au machine learning.

Autre sujet phare et très discuté, la réglementation, pourrait aussi stimuler l’adoption de nouvelles technologies, dans des objectifs de compliance, de reporting et de baisse des coûts. La directive européenne Mifid II a en particulier été très commentée. Vue depuis les acteurs nord américains, cet ensemble de réglementations paraît non seulement inapplicable mais aussi inefficient (son entrée en vigueur a été repoussée en janvier 2018). Sans entrer dans les détails, le secteur craint en particulier qu’elle ait pour effet de réduire drastiquement la liquidité, tout en augmentant la volatilité sur les marchés des dérivés. Il ne s’agit pas uniquement de préoccupations de négociants ou de financiers, mais aussi des producteurs de matières premières, en particulier de matières premières agricoles.  Ces réglementations vont-elles entrainer des mouvements de consolidations ? On peut le craindre, en l’absence d’une logique de level playing field. – (MT)





 

AGEFI



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