La performance confirmée

mercredi, 08.06.2016

Trafigura. Le chiffre d’affaires reflète la hausse de l’activité du groupe et l’affaiblissement du cours du pétrole.

Nicolette de Joncaire

Le groupe Trafigura continue sur sa lancée avec un ratio de marge brute sur chiffre d’affaires de 2,7% (dans la lignée des résultats 2015) ce qui représente une performance significative pour une société de négoce. Les résultats pour le premier semestre (au 31 mars) sont toujours soutenus par les activités liées au pétrole et aux produits pétroliers dont la marge contribue pour 62% au total (65% sur 2015) avec des volumes atteignant 4 millions de barils/jour, soit 46% de plus que sur la première moitié de 2015 et le double de ce que le groupe traitait il y a quatre ans.

A 44,1 milliards de dollars, le chiffre d’affaires accuse une baisse de 9% par rapport à celui du premier trimestre 2015 (48,2 milliards). Ce fléchissement n’est que relatif car il reflète simultanément la hausse de l’activité du groupe et l’affaiblissement des cours sur les périodes comparées. Rappelons que la moyenne des cours du Brent entre octobre 2014 et mars 2015 se situait à 65 dollars le baril alors qu’elle s’est effondrée à 39 dollars entre octobre 2015 et mars 2016, soit une chute de 41%. Similairement, la moyenne des cours du WTI sur ces deux semestres s’établissait respectivement à 61 et 38 dollars, soit une chute de 38%.

Le bénéfice net est en recul de 10% à 602 millions de dollars par rapport à la même période l’année précédente. Il est toutefois en hausse de 39% par rapport au second semestre de l’exercice 2014/15 et, annualisé, il affiche une progression de 9%.  Le bénéfice brut a chuté de 23% à 1,17 milliards de dollars en comparaison de celui du premier semestre 2015. En valeur annualisé, cette baisse se réduit à 10%.

Le CEO du groupe, Jeremy Weir, se déclare satisfait de ces résultats même «si les chiffres obtenus ne sont pas tout à fait à la hauteur de ceux du premier semestre 2015 compte tenu des remarquables conditions de trading d’alors». Effectivement la volatilité exceptionnelle d’octobre 2014 à mars 2015 (le prix du Brent avait perdu 43% et celui du WTI 47%) avait joué en faveur des négociants.

Prudent, il annonce réduire les dépenses en capital du groupe. Au 31 mars 2016, le ratio d’endettement ajusté du groupe est effectivement descendu à 1,42 alors que celui affiché en septembre 2015 était de 1,56. Ce déclin reflète aussi bien l’accroissement du financement sans recours disponible que les réductions en dépenses de capital résultant de l’achèvement d’un certain nombre de projets d’investissement et de leur passage à l’opérationnel. Cette tendance devrait se confirmer et même s’accélérer en 2017.

On note dans les comptes semestriels une hausse des actifs de 7% à 41,8 milliards de dollars et un accroissement des actifs immobilisés de 9% à 9,1 milliards. Ces chiffres reflètent une contribution en capital à la filiale Puma Energy Holdings de 275 millions et un investissement dans le partenariat avec le groupe chinois Jinchuan sur une fonderie de cuivre située dans la région de Guangxi  de 142 millions dont la valeur s’est accrue de 2,4 milliards à 2,6 milliards.

On y note également la cession d’une part mineure de Puma Energy de 34,3 millions réduisant la participation de Trafigura dans Puma de 48,8% à fin 2015 à 48,4% à mars 2016, le second actionnaire de Puma Energy restant la société d’Etat pétrolière angolaise Sonangol. On n’y trouve par contre aucune trace d’une éventuelle cotation de Puma Energy, thème couvert par divers organes de presse, en particulier SkyNews, dans les dernières semaines. Le média britannique avait rapporté que  la filiale du groupe serait en discussion avec des banques pour un listing de l’ordre de 6 milliards de dollars. Contacté fin mai par l’Agefi, Trafigura n’avait aucun commentaire à faire sur cette rumeur.n





 

AGEFI



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