Consensus sur le retournement des prix de l’énergie

mercredi, 13.04.2016

FT Commodities Global Summit. Ralentissement de la croissance des stocks de pétrole et fin du trend baissier des prix. La prudence est toutefois de rigueur.

Entre contango et volatilité, la profitabilité des négociants en énergie a été remarquable en 2015, en dépit d’un effondrement des prix record sur deux ans.

Les CEO de Trafigura, de Gunvor, de Mercuria, de Castleton et le responsable des activités pétrolières de Glencore sont unanimes: la demande devrait surpasser l’offre dans la seconde moitié de l’année et le marché est en voie de rééquilibrage. «L’effondrement des cours est derrière nous. La remontée ne sera pas linéaire mais la reprise se fera. Même s’il est difficile de la dater avec précision» affirmait Torbjörn Törnqvist de Gunvor. En outre, l’industrie pétrolière s’est largement débarrassé de ses inefficiences. «Son seuil de rentabilité est plutôt autour de 70 dollars le baril qu’au-dessus de 100» ajoutait-il. Son point de vue semblait largement partagé par ses pairs. «Nous devrions percevoir une amélioration dès les troisième et quatrième trimestres. Côté demande, la consommation d’essence en Chine est déjà en hausse. Côté offre, les forages ferment progressivement et la réticence des institutions financières à se repositionner sur l’énergie signifie qu’un retour à de hauts niveaux de production par la suite prendra du temps» confirmait Jeremy Weir de Trafigura. Pas de rallye rapide toutefois. «Je ne vois aucune raison particulière aujourd’hui pour que les prix se retournent cette année. Plutôt une ascension progressive vers 60 dollars le baril en fin d’année» selon Alex Beard de Glencore.

Peut-on s’attendre à un futur supercycle? Improbable, mais si les besoins en infrastructure de l’Inde et des Etats-unis se conjuguaient, pas impossible. «Les besoins en infrastructure aux Etats-Unis sont gigantesques. Que l’on parle de réseaux ferroviaires ou routiers ou d’installations portuaires. Et le capital disponible ne fait pas défaut» faisait remarquer William Reed de Castleton Commodities.

Pour Ian Taylor, président du géant Vitol, «le marché se déplace progressivement vers un meilleur équilibre». Les grands producteurs mondiaux pourraient trouver un accord sur un gel de la production lors de la conférence de Doha où la majorité des membres de l’OPEP retrouvera la Russie pour décider du sort des marchés, estimait-il avant de se livrer à des confidences inattendues sur le rôle de son groupe dans la crise libyenne et le soutien apporté aux rebelles en 2011. – (NJN)





 

AGEFI




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