Retour au sommet mondial du négoce

lundi, 11.04.2016

FT Commodities Global Summit. Décryptage d’un secteur en pleine évolution au terme d’un effondrement massif des cours des matières premières.

Nicolette de Joncaire

Lionel Barber, Financial Times

Le super cycle des matières premières est bel et bien révolu. Malgré quelques signes positifs récents sur le pétrole, c’est avec un brut autour de 40 dollars que s’ouvre ce soir à Lausanne la cinquième édition du FT Commodities Global Summit. Rendez-vous des leaders d’un secteur pas si secret que ça, la conférence réunit, une fois encore les dirigeants des grandes sociétés de négoce et de production de matières premières. Deux débats des CEO (et non plus un seul) sont au programme: le premier consacré à l’énergie et le second aux produits agricoles. Pour mieux distinguer les problématiques divergentes de l’énergie et de l’agriculture. Curieusement, à quelques mois à peine de la COP 21, l’impact de la transition énergétique sur les marchés de l’énergie ne sera pas abordé.

Ouvert par une conversation entre Igor Sechin, président de Rosneft, et Lionel Barber, éditeur du Financial Times, le sommet abordera en premier lieu les perspectives de prix des matières premières dans un contexte de ralentissement de l’économie chinoise et de l’ensemble des marchés émergents.  Au terme de centaines de milliards de dollars investis dans le développement de mines et de sites de forage, le marché doit s’ajuster à une offre pléthorique. En quoi le cycle initié mi-2014 sera-t-il différent des précédents?

La chute des cours, accompagnée d’une forte volatilité, s’est montrée favorable aux négociants en énergie. Au terme d’années de déclin des marges, ils bénéficient depuis un an et demi de conditions plus propices. Une amélioration à tempérer toutefois: par l’arrivée de règlementations alourdies et, surtout, par la modification qu’une offre abondante apporte à la structure des prix. Leur rôle en sera-t-il amoindri ou renforcé? Ce sera au débat des CEO de l’énergie d’y répondre, avec Alex Beard de Glencore, Marco Dunand de Mercuria Energy, William Reed de Castleton Commodities, Klaus Schäfer d’Uniper, Torbjörn Törnqvist de Gunvor et Jeremy Weir de Trafigura. Une rencontre qui se clora sur l’intervention d’Ian Taylor, président et CEO de Vitol.

Sur un marché inondé de pétrole, à moins d’une rupture majeure d’approvisionnement ou d’un revirement soudain de la stratégie de l’OPEP, rien ne parait susceptible de changer la donne. Les dommages sont tangibles: la production des schistes américaine continue de chuter et les grandes compagnies pétrolières réduisent leurs dépenses d’investissement. A terme l’écart entre offre et demande ne risque-t-il pas de s’inverser, redressant les prix à venir? Une question couverte pas un panel comprenant Pierre Andurand et James Foster de BP.

Face aux négociants, les sociétés nationales d’énergie se font toujours plus présentes. Malgré des moyens souvent considérables, l’histoire montre qu’elles ont souvent échoué à établir des activités de négoce couronnées de succès. Sont-elles à même de s’imposer? C’est ce qu’examineront Falah Alamri du Ministère du Pétrole irakien, Arzu Azimov de Socar, Vitaly Vasiliev de Gazprom et Roland Rechtsteiner d’Oliver Wyman.

Côté agriculture, blé, mais et soja n’ont pas échappé à l’effondrement des prix. Malgré une hausse ralentie de formation des inventaires, les stocks mondiaux restent surabondants. Que réserve le futur? Ce sera au second débat des CEO d’apporter des réponses avec Matt Jansen de COFCO Agri, Chris Pardey de RCMA, Gonzalo Ramírez Martiarena de Louis Dreyfus, Randall Stuewe de Darling Ingredients et Gert-Jan van den Akker de Cargill.

Durement touchés l’an dernier par le ralentissement de la demande chinoises, les marchés de métaux et de minerais peinent à se rééquilibrer malgré la fermeture d’un nombre croissant de mines et la limitation de la production. Jusqu’où peut aller l’industrie?

L’industrie du shipping ne sera pas oubliée. Si la baisse des prix du pétrole a renforcé les tankers, il en est tout autrement des transporteurs en vrac, sous pression d’une demande réduite de la Chine. Une crise qui parait ne jamais finir?

Fortement corrélées aux autres actifs pendant la crise financière, les matières premières se sont effondrées depuis. Une classe d’actifs peu satisfaisante du point de vue des investisseurs avec pour corollaire un exode des fonds qui affecte la liquidité des traders physiques. Comment faire revenir l’investissement?

L’essor attendu d’une vague de fusions et d’acquisitions s’est fait attendre. Avec la chute des prix, les sociétés cibles deviennent moins gourmandes alors que l’intérêt des sociétés de private equity et des fonds souverains s’accroit. Que réserve 2016 en termes de consolidation du secteur?

Le paysage réglementaire européen se modifie radicalement. En vertu des règles qui font actuellement chemin à Bruxelles, les négociants physiques seront soumis à des limites de position strictes et pourraient être amenés à mobiliser des réserves en capital, dans l’esprit de ce qui a été imposé aux banques. Comment en sera affecté le financement du commerce mondial du futur?

La conférence se fermera comme chaque année sur le débat des directeurs financiers des principales maisons de négoce auquel participeront Jeffrey Dellapina de Vitol, Daniel Hines de Castleton Commodities, Christophe Salmon de Trafigura et Guillaume Vermersch de Mercuria et c’est à Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, secrétaire d’Etat et directrice du SECO, que reviendra la conclusion de la conférence.





 

AGEFI




...