Glencore table sur les autos électriques pour relancer la demande de métaux

mardi, 23.05.2017

Cuivre, nickel et cobalt seraient les grands gagnants d’une révolution automobile électrique que le CEO du géant minier estime plus rapide que prévue.

Nicolette de Joncaire

Ivan Glasenberg. Résolument optimiste sur la demande de certains métaux qui sera induite par la transition énergétique.

L’optimisme d’Ivan Glasenberg ne faiblit pas. Son nouveau cheval de bataille? La révolution automobile électrique qu’il voit progresser à un rythme plus rapide que prévu. Une accélération qui fera l’affaire de qui produit les bonnes matières premières. 

Stimulée par les stratégies de réduction des émissions de gaz nocifs (convenues à la COP21 en 2015), l’éco-mobilité gagne du terrain. Citant abondamment la presse, le CEO de Glencore note que la Norvège entend éliminer les véhicules à essence et diesel d’ici 2025 (taxant lourdement les pollueurs) et que, plus extrêmes encore, les Pays-Bas proposent une loi interdisant la vente de véhicules à combustible fossile à partir de la même année. Inattendu, l’Inde voudrait en faire autant d’ici 2030 d’après un plan dévoilé par son ministère de l’énergie.  

Les ventes mondiales de véhicules électriques ont bondi de 42% en 2016 à près de 800.000 unités. Leur nombre total a plus que triplé depuis 2013, à plus de 2 millions. Même si, à environ 0,85%, la part de marché de l’électrique reste faible, les grands constructeurs accélèrent leurs programmes de recherche et leurs investissements. Le cas Tesla n’est plus à démontrer et le fabricant annonçait en mars avoir triplé ses ventes en Chine. BMW a dépensé plus de 5 milliards d’euros en recherche et développement en 2016 seulement. Lors de l’annonce de ses chiffres de vente, début mai, le constructeur allemand dévoilait une croissance substantielle de 50%, à 20.000 unités, des ventes de ses modèles i3 et i8 sur les trois premiers mois de 2017. Les voitures électriques représentent aujourd’hui 3% de ses ventes. Volkswagen affirmait récemment vouloir ravir la place de Tesla en tant que leader de l’automobile électrique. Ses investissements dans les alternatives au moteur à combustion vont tripler, à 9 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. La facture de Daimler sur la mutation se chiffrerait à 10 milliards d’euros. 

Citant Reuters, Ivan Glasenberg rappelle que la Chine entend investir 361 milliards de dollars dans les énergies renouvelables, visant 5 millions de ventes cumulées de véhicules électriques et 4,8 millions de bornes de recharge d’ici 2020. Elle prévoit d’imposer 8% de véhicules électriques produits localement dès l’an prochain. 

Cuivre, cobalt et nickel – spécialités de Glencore - devraient être les grands gagnants de cette mutation. Selon les chiffres cités par Ivan Glasenberg, la batterie d’une voiture électrique contient 38 kilos de cuivre, 11 kilos de cobalt et 11 kilos de nickel. Batterie comprise, un véhicule électrique compterait environ 100 kilos de cuivre, en comptant moteur, variateur et chargeur. Quant aux bornes de chargement elles comporteraient approximativement 20 kilos de cuivre chacune. 

La demande correspondante fait tourner la tête. Sur la base de 13,4 millions de véhicules électriques d’ici 2020 et de 52 millions d’ici 2025, il s’agirait respectivement de 373.000 tonnes de cuivre et de 40.000 tonnes de nickel d’ici 2020, et de 1,65 millions de tonnes de cuivre et de 210.000 tonnes de nickel d’ici 2025. En adoptant un scénario de croissance rapide à plus long terme, Ivan Glasenberg évoque 20 millions de tonnes de cuivre, 1,8 millions de tonnes de nickel et 679.000 tonnes de cobalt d’ici 2030.

Plus modestement, une étude commissionnée par l’International Copper Association (ICA) estime que la demande supplémentaire correspondant à l’amélioration de l’efficacité énergétique de l’immobilier et des équipements électriques, ainsi qu’aux véhicules électriques et aux renouvelables, se chiffrerait à 4 millions de tonnes annuelles d’ici 2030. 

Comme du côté de l’offre, les investissements se sont taris – sur les  mines de cuivre, ils ont chuté de 71 milliards de  dollars en 2012 à 25 milliards en 2016 -, les capacités de production auraient quelque difficulté à faire face. D’autant que les gisements en fin de vie se comptent par dizaines.. 

Qui dit hausse massive de la demande et offre limitée, dit goulet d’étranglement et hausse des cours. De quoi évidemment faire sourire Ivan Glasenberg.

La distribution variable peut être revue en hausse

Le pourcentage de la distribution variable aux actionnaires pourrait être revu en hausse «si nécessaire», a indiqué Glencore hier dans le cadre d’une présentation à la presse. Le géant des matières premières a précisé préférer la distribution en espèces au rachat «étant donné la volatilité inhérente au prix».

Glencore avait indiqué en février reverser en 2017 près de 1 milliard de dollars aux actionnaires, moyennant 7 cents par titre en deux tranches égales au premier et second semestre, conformément aux promesses du directeur général (CEO) Ivan Glasenberg début décembre.

A partir de 2018, Glencore prévoit un dividende fixe d’un montant équivalent et une part variable représentant au minimum 25% du flux de trésorerie disponible des actifs.






 

AGEFI



 
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