Le cours du pétrole autour de 65 dollars le baril dès mi-2017

vendredi, 21.10.2016

JP Morgan Asset Management La demande est robuste et de nouvelles tendances se dessinent au sein de l’OPEP

Nicolette de Joncaire

Cours du pétrole: l’attention reste fixée sur l’OPEP. Rien n’est encore certain, toutefois un plancher au prix semble se dessiner. «L’organisation reste dysfonctionnelle mais une nouvelle tendance commence à s’esquisser» explique Neil Gregson, responsable du fonds Global Natural Resources chez J.P. Morgan Asset Management. Le gérant envisage un prix à moyen terme autour de 65 dollars le baril, aux alentours de mi-2017. «Il n’est pas du tout impossible que ce prix remonte à un moment donné à 100 dollars» estime-t-il.

La demande est robuste. Elle a réagi positivement à la chute des cours consolidée par le cartel pétrolier qui a ajouté 3 millions de barils/jour à l’offre en compensation des baisses de production au Nigeria, au Mexique et aux Etats-Unis.

Côté US, le nombre de puits remonte après un effondrement de plus de 70% ces deux dernières années. C’est le Bassin Permien qui attirera le plus d’investissement. Ses coûts de production restent au dessous de la barre des 50 dollars. A terme, le pétrole américain sera nécessaire pour corriger l’écart entre demande et offre provoqué par les coupes dans l’investissement et l’annulation de nombreux projets décidée par les majors.

L’Iran peut-il influer sur les volumes à la hausse et les prix à la baisse? «Il a déjà remis 3,6 millions de barils/jours sur le marché alors que sa production pré-sanctions se montait à 4 millions de barils. Nous ne sommes pas loin du compte» explique Neil Gregson. «Pour augmenter sa capacité et changer la donne, il lui faudrait réaliser des investissements importants». Et l’Arabie saoudite? Elle est assise sur de colossales réserves mais elle a besoin d’un meilleur prix pour équilibrer son budget. Quant à la Russie, si elle semble s’aligner avec l’OPEP à l’occasion, on sait d’expérience qu’elle tend à ne pas suivre quand cela ne lui convient pas. D’autant qu’elle s’est tournée vers la Chine et qu’elle bénéficie pour l’instant d’une devise affaiblie. Pas de changements donc à attendre de ce côté-là.

Des cours autour de 60-65 dollars suffiraient à ramener la production américaine et canadienne sur le marché sans provoquer de destruction de la demande dans des pays importateurs comme l’Inde. L’unique obstacle à une remontée des cours reste des inventaires qui continuent à ne pas s’assécher.

En ce qui concerne les métaux, les prix sont à leur cinquième année d’affaissement. Le marché continue d’absorber les stocks accumulés pendant la période de boom des cours. Ces stocks commencent à diminuer sur le zinc (où Glencore a réagi rapidement) et sur le nickel, mais sur le charbon, personne n’est prêt à appuyer sur le bouton «décollage des investissements». Si la restauration de l’infrastructure américaine démarre – dans le sillage des promesses électorales, notamment celles de Donald Trump –, le cheminement sera lent et profitera surtout aux minors. Les sociétés minières paient des dividendes (Glencore serait même susceptible de les rétablir l’an prochain) et se désendettent. Pour les dépenses de capital, ce n’est pas encore le moment. Cependant, le niveau où une reprise de la demande, si modeste fut-elle, pourrait exacerber les contraintes de l’offre n’est peut-être pas si éloigné.

Les grands classiques du marché boursier comme Rio Tinto et BHP restent les favoris de Neil Gregson. Il se montre plus prudent sur Anglo American qui a tardé à réagir mais dont la valeur du titre se reprend. Il constate aussi un certain renouveau d’activité sur les fusions-acquisitions, essentiellement dans le segment mid-cap. Quant aux mines d’or, elles viennent de produire le plus grand rally observé depuis 1993. L’indice a grimpé de 140% dans les sept premiers mois de l’année. Il est vrai qu’une petite variation du prix de l’or impacte sensiblement la valorisation des exploitants. Pour Neil Gregson, c’est plutôt vers les producteurs d’énergie qu’il faut se tourner dorénavant.n






 

AGEFI



 

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