Amir Adnani d'Uranium Energy Corp sur l'industrie nucléaire

21 février 2013: interview de Amir Adnani, Uranium Energy Corp, accordé à Nicolette de Joncaire (Agefi) pour Dukascopy TV


La pénurie à moyen terme

Jeudi 21.02.2013

Uranium Energy Corp. L'offre d'uranium diminuera de 24 millions de livres cette année. Soit 18% de la production mondiale.

L’accord HEU (High-Enriched Uranium), conclu entre les Etats-Unis et la Russie pour le recyclage de l'uranium enrichi des têtes nucléaires de la guerre froide, expire cette année. Est-ce suffisant pour stimuler le prix de l'uranium qui fléchit depuis le désastre de Fukushima? L'industrie nucléaire est-elle vouée à l'extinction aux Etats-Unis que ses réserves de gaz bitumineux devraient rendre indépendant énergétiquement dans les quelques années à venir?

Ce n'est pas l'opinion d'Amir Adnani, fondateur et CEO d'Uranium Energy Corp, la première société d'extraction américaine ouverte en 20 ans aux Etats-Unis (L'Agefi du 13 janvier 2012). L'offre et la demande continuent à présenter un déséquilibre important. Aux Etats-Unis, en particulier, qui consomme 55 millions de livres d'uranium par an et n'en produit que 4 millions. Et vient d'approuver, en 2012, la construction de quatre nouveaux réacteurs, les premiers depuis 34 ans. Même déséquilibre en Chine qui consomme 19 millions de livres d'uranium (avec des perspectives à 73 millions en 2030) et n'en produit que 3 millions. Les projets de centrales nucléaires semblent avoir de beaux jours devant eux. La Grande-Bretagne en projette 5, l'Arabie Saoudite 16, le Brésil en construit un à l'heure actuelle et en projette 8 de plus. Quant à la Russie, à la Chine et à l'Inde, ils réaffirment leur engagement et représentent la moitié des nouvelles constructions.

Toutefois, le cours actuel de l'uranium n'incite guère à l'extraire. A 43 dollars la livre aujourd'hui, il ne permet pas le développement des mines conventionnelles qui, selon J.P. Morgan, exigent un prix d'environ 83 dollars pour justifier l'investissement. Pour des raisons économiques, plusieurs projets majeurs sont suspendus depuis l'année dernière, dont ceux de BHP Billiton (Olympic Dam) et de Cameco (Kyntire), tous deux en Australie et celui d'Areva (mine de Trekkopje en Namibie). Et la paralysie des grands groupes ne fera qu'ajouter à la pénurie causée par l'expiration des accords HUE (24 millions de livres disparaitront du marché cette année, soit près de 18% de la production mondiale).

Mais l'équilibre des projets dits "in-situ" tel que mis en œuvre par Uranium Energy Corp se situe à partir d'un cours de 40-50 dollars la livre. La technologie ISR (In Situ Recovery), très différente de celle des mines à ciel ouvert, représente aujourd'hui plus d'un tiers de la production mondiale, à des coûts de production qui ne sont qu'une fraction des coûts conventionnels. Elle consiste à injecter une solution d’eau et d’oxygène à 100 mètres de profondeur pour laver les sables contenant le minerai. L’uranium dissout dans la solution est pompé et conduit à la station de séchage puis livré en camion-citerne. C’est un procédé propre et très protecteur de l’environnement mais qui nécessite une structure géologique appropriée.   

Amir Adnani persévère donc. Avec des projets situés dans la ceinture texane de l'uranium, proche des six réacteurs en opération dans la région: augmentation de la production du gisement en exploitation à Palangana et développement de deux nouvelles aires de production sur le même site, fin de la construction et mise en production de Goliad et demande d'un permis minier à Burke Hollow. Mais aussi en Arizona – études de base du projet Anderson – et au Paraguay sur les projets Yuty et Oviedo.

Au 31 juillet 2012 (date de fin d'exercice), Palangana – dont les dépenses en capital n'ont représenté que 10 millions de dollars - avait écoulé 270.000 livres d'U308 à 51 dollars la livre (à un coût moyen de 18 dollars la livre), générant un chiffre d'affaires de 13,8 millions de dollars.

Les ressources de la société aux Etats-Unis se montent à environ 75 millions de livres – dont 13 millions au Texas – auxquelles il faut ajouter celles du Paraguay, estimées à 11 millions supplémentaires.

CV

Amir Adnani

Amir Adnani est le fondateur et le CEO d'Uranium Energy Corp et un représentant notoire de l'industrie de l'uranium, considéré par Casey Research comme l'un des 10 leaders de l'industrie minière. Il avait également fondé Blender Media en 2004, une société de communications dédiée aux sociétés cotées et considérée comme l'une des entreprises les plus dynamiques du Canada par le magazine Profit en 2005. Il a également été fondateur et président de Brazil Resources, une société d'exploration aurifère cotée au TSX. Amir Adnani est titulaire d'une licence es-Sciences de l'Université de Colombie Britannique.

Company Key facts

Uranium Energy Corp

Uranium Energy Corp est une société d'exploration et de développement américaine qui détient et opère la première mine d'uranium ouverte aux Etats-Unis en 20 ans. La société possède également l'unité de traitement de Hobson, au centre de tous ses projets texans, y compris le gisement de Palangana, déjà en production, et celui de Goliad en construction. Elle contrôle également des ressources minières en Arizona et au Paraguay. Détentrice de l'une des plus grandes bases de données sur l'histoire de l'exploration d'uranium aux Etats-Unis, elle utilise ces sources pour identifier les projets les plus prometteurs.

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