Rochus Appert de State Street sur l'allocation d'actifs

18 septembre 2013: interview de Rochus Appert, State Street Global Advisors, accordé à Nicolette de Joncaire (Agefi), en coproduction avec Voxia et Dukascopy TV


Le retour sur les allocations d’actifs des investisseurs privés

Mercredi, 18.09.2013

State Street. Le climat d’incertitude qui règne depuis 2008 a conduit les investisseurs privés à se désengager.

Les allocations d’actifs des investisseurs privés ont beaucoup évolué au cours des deux dernières années. Rochus Appert, Head of Intermediary Business and SPDR ETFs chez State Street Global Advisors en Suisse, revient aujourd’hui dans le cadre du salon invest’13 sur ces réallocations et sur les investissements à privilégier.

Quels sont les principaux changements que vous avez observés?

Les investissements en actions et en obligation se sont sensiblement réduits en faveur du cash et de l’alternatif. La part de ces deux dernières classes a doublé depuis 2010 passant respectivement à 28% et 10% alors que la part des actions chutait de 33 à 26% et celle des obligations de 29 à 16%. La seule classe d’actifs sur laquelle nous avons observé peu de modifications est l’immobilier. Les chiffres que je vous donne sont basés sur 40.000 milliards de dollars d’investissement.

Pouvez-vous revenir sur les motifs de cette réallocation?

La crise de l’euro à elle seule est responsable d’un mouvement en faveur du cash de 600 milliards de dollars, c’est-à-dire l’équivalent du PIB suisse. C’est aujourd’hui la politique de la Fed qui, depuis 2007, dicte l’économie mondiale et les flux de capitaux. Entre QE1 et QE3, étapes successives de l’assouplissement monétaire, la Fed a acheté 1500 milliards de dollars d’obligations gouvernementales américaines. Un afflux de liquidités dont l’objectif est de stabiliser les prix, de relancer l’emploi et de maintenir les taux d’intérêt à long terme à des niveaux modérés et qui a soutenu la hausse des actions et permis aux obligations d’entreprises et aux opérations de carry trade d’enregistrer des performances exceptionnelles depuis 2009 malgré une croissance économique en-deçà des moyennes observées au cours des périodes précédentes. La politique de la Fed est suivie par celle de la BCE, désireuse d’atténuer les tensions au sein des états périphériques de l’Union européenne. C’est essentiellement le climat d’incertitude qui règne depuis 2008 et, plus encore, depuis l’été 2011, qui a poussé les investisseurs privés à se désengager.

Qu’en concluez-vous?

Avant 2008, le cours des actions reflétait la croissance économique. Aujourd’hui, il reflète surtout l’expansion de la masse monétaire. L’affaiblissement de la croissance dans presque tous les pays et le risque de rétrécissement de la politique d’assouplissement de la Fed mènent à se poser la question des rendements futurs. La hausse potentielle des taux longs fragilise le marché obligataire, plus particulièrement la dette souveraine et la dette Investment Grade. L’assèchement anticipé des liquidités pèse aussi sur les marchés action, même si c’est, pour l’instant, dans une moindre mesure. Ce sont certainement les actifs qui affichent les meilleurs fondamentaux qui constitueront les investissements les plus surs. En tout état de cause, les thèmes d’investissement porteurs de bons rendements seront de plus en plus difficiles à identifier.

Quels sont vos grands thèmes d’investissement à court/moyen terme?

Nous avons mené une étude détaillée des performances des fonds actifs par rapport à celles des indices et sommes arrivés aux conclusions suivantes. Peu de fonds actifs battent les performances à court terme des indices: 9% seulement sur le thème Global Equity, 8% sur le thème Emerging Market, 4% sur le thème Emerging Market en devises locales, 15% sur le thème UK Value et 10% sur le thème US Large Cap Value. Nos échantillons varient naturellement avec la taille du segment. Les produits indiciels de type ETF donnent, en moyenne, de meilleurs résultats.

Interview:
Nicolette de Joncaire

Interviews TV

Voxia, Dukascopy TV et L'Agefi vous proposent sur cette page une série d'interviews réalisés durant "invest'13", les 18 et 19 septembre 2013 au Bâtiment des Forces Motrices à Genève.

CV

Rochus Appert est Head of Intermediary Business and SPDR ETFs chez State Street Global Advisors en Suisse. Il a rejoint State Street en 2005 après avoir été responsable de l'équipe M&A mid-caps de Credit Suisse, spécialisé dans les sociétés de med-tech, d'alimentation, d'emballage et de biens de luxe. Il  a également été spécialiste en financement de projet chez WestLB et a travaillé dans la division de Global Structured Finance d'UBS. Il est titulaire d'un master en économétrie et en finance de l'Université de Zurich et certifié en analyse financière et en gestion de portefeuille (CFEA).

 

 

COMPANY KEY FACTS

State Street Global Advisors est le groupe d'investissement de State Street Corporation. Il offre des stratégies d'investissement et des solutions intégrées à une clientèle mondiale sur toutes les classes d'actifs et tous les styles. Ses actifs sous gestion se montent à 2100 milliards de dollars à fin juin. Les centres d'investissement se trouvent à Boston, Hong Kong, London, Montréal, Toronto, Munich, Paris, Singapore, Sydney, Tokyo et Zurich. Le groupe a 27 autres bureaux dans le monde.