Isabelle Bourcier d'Ossiam sur les stragégies smart beta

9 décembre 2013: interview de Isabelle Boursier, Ossiam, accordé à Nicolette de Joncaire (Agefi) pour Dukascopy TV


L'usage des stratégies smart beta

L'Agefi, 09.11.2013

Ossiam. La filiale de Natixis GAM applique une approche visant à atténuer les bais des indices classiques. Pour des portefeuilles plus efficients.

L'un des quinze premiers gérants mondiaux avec 602,5 milliards d'euros sous gestion à fin juin, Natixis Global Asset Management opère une structure multi-boutiques d’une vingtaine d’entités, chacune hautement spécialisées dans un style de gestion, fédérées par une plateforme de distribution globale.

Parmi ces entités, Ossiam propose une gamme innovante de fonds systématiques non alternatifs reposant sur une recherche quantitative approfondie et fondée sur l'approche "smart beta", une philosophie qui fait référence aux stratégies systématiques visant à atténuer les biais et les limites des indices traditionnels et obtenir ainsi des portefeuilles plus efficients.

Les stratégies smart beta peuvent être basées sur une diversification qui ne fait pas intervenir de prévisions risque/rendement mais établit des objectifs de diversification en utilisant une pondération différente (Equal Weight, Intech Diversity Index, Maximum Diversification), l’analyse fondamentale visant à évaluer la “juste valeur” et mettre en place des objectifs de diversification basés sur cette analyse (Fundamental Indices, GDP-Weighted Indices) ou encore les prévisions de risque plutôt que de rendement pour concevoir des portefeuilles plus efficients (Minimum Variance, Risk Budgeting)

Dans cet esprit, Ossiam offre des ETF équipondérés (2 fonds) mais surtout des ETF Minimum Variance (7 fonds), une stratégie automatisée qui assure la gestion de la volatilité et des corrélations, l’objectif étant, de répliquer un univers large en sélectionnant les titres les moins volatiles tout en évitant l’effet de concentration. Une stratégie défensive, applicable en tout temps.

De passage à Genève, Isabelle Bourcier, directrice du développement d’Ossiam, résume brièvement les propriétés de la stratégie Minimum Variance qui part du constat que la performance historique des titres les moins volatils est très attractive.

Le processus d'investissement comprend quatre étapes. Sur la base d'un univers composé de toutes les actions d'un indice pondéré par la capitalisation boursière - STOXX® Europe 600, S&P 500®, S&P/IFCI® & S&P Global 1200 – un filtre est appliqué de manière à retenir uniquement les titres les plus liquides (les plus grandes capitalisations). L'ajustement des composants du portefeuille se fait ensuite en fonction des volatilités historiques et des corrélations afin de minimiser la volatilité globale du portefeuille. Ce deuxième filtre est construit sur la moyenne quotidienne des volumes. Un rebalancement périodique est opéré sur la base d'un poids maximum par action, par secteur et par pays avec un objectif de diversification basé sur l'indice de  Herfindahl.

La stratégie Minimum Variance réplique donc un univers large en sélectionnant les titres les moins volatils et en évitant l’effet de concentration dans le but d’obtenir un portefeuille optimisé incluant une sélection de titres dont les volatilités sont parmi les plus faibles de leur univers d’investissement et dont les corrélations historiques parmi ces titres sont modérées.

Le résultat est, bien évidemment,  une volatilité nettement plus faible dans les portefeuilles Minimum Variance qu'elle ne l'est dans les indices de référence. Par exemple, l'indice ISTOXX Europe Minimum Variance affiche une volatilité annualisée de 12,35% sur la période du 02/01/2002 au 30/09/2013 alors que celle de son indice de référence, le STOXX Europe 600 est de 20,47%. De même, la volatilité annualisée de l'Ossiam US Minimum Variance est de 14,66% contre une volatilité du S&P500 de 20,59%. Enfin, celle de l'Ossiam Emerging Markets Minimum Variance est de 14,32% contre 20,57% pour le S&P IFCI.

Typique des stratégies défensives, la Minimum Variance atténue les oscillations de performance, tant à la hausse qu'à la baisse. Sur la période précitée, les rendements moyens des trimestres haussiers de l'ISTOXX Europe Minimum Variance ont été de 5,49% alors que ceux du STOXX Europe 600 étaient de 6,95%.  Inversement, sur les trimestres baissiers, les rendements de l'ISTOXX Europe Minimum Variance étaient de -4,75% alors que ceux du STOXX Europe 600 étaient de -9,46%. Ces chiffres démontrent, d'après les calculs d'Ossiam, que la participation à la hausse est de 79% alors que la participation à la baisse n'est que de 50%. L'effet est similaire sur les actions américaines où la participation à la hausse est de 71% et celle à la baisse de 46%. Sur les actions émergentes, l'Ossiam Emerging Markets Minimum Variance participe pour 91% à la hausse du S&P IFCI et pour 51% à sa baisse.

Les résultats à long terme sont dans l'ensemble probants. Sur les actions européennes (ISTOXX Europe Minimum Variance), la performance annualisée est de 7,67% contre 3,35% pour l'indice de référence. De même, sur les actions émergentes (Ossiam Emerging Markets Minimum Variance), la performance sur 5 ans atteint 91,58% contre 45,48% pour sa référence. Par contre, la stratégie parait moins efficace sur les actions américaines. Sur 5 ans, elle est de 54% contre 55,87% sur l'indice de référence.

Ossiam entend s'attaquer maintenant aux indices de matières premières pour y appliquer une stratégie smart beta. Le principe est de constituer un portefeuille constitué de positions longues sur un panier de commodities en y appliquant une meilleure diversification en termes de contribution au risque pour réduire la volatilité.  La référence sélectionnée est le S&P GSCI, un indice composé de 24 matières premières issues de tous les secteurs (métaux industriels, agriculture, énergie, bétail, métaux précieux) qui sert notamment de repère sur le marché des commodités aux participants du Chicago Mercantile Exchange. Toutefois, pour éviter les controverses et répondre aux désirs de ses investisseurs, l'indice exclut les matières alimentaires critiques (blé, maïs et soja). Le poids de chaque contrat de future est inversement proportionnel à sa volatilité et le poids de chaque secteur est fixé à un maximum de 19%. Au final, la répartition sectorielle est donc très différente de celle de l'indice de référence. La part de l'énergie qui représente environ 65% du S&P GSCI, est limitée à 19% dans son correspondant "smart beta", l'indice Risk Weighted Enhanced Commodity Ex. Grains. Les simulations effectuées sur la période 02/01/2004 to 31/10/2013 y font apparaitre une volatilité très inférieure, plus particulièrement dans les phases de stress intense (2008-2010).

L'approche innovatrice d'Ossiam séduit les investisseurs et les actifs sous gestion viennent de fêter le seuil du milliard d'euros.

CV

Isabelle Bourcier

Isabelle Bourcier a rejoint Ossiam, filiale de Natixis Global Asset Management, début 2011. Précédemment, elle a travaillé 16 ans au sein du groupe Société Générale où elle était responsable mondiale des produits cotés (ETF, certificats, warrants) de la Société Générale et de Lyxor Asset Management.

Company Key facts

Ossiam

Ossiam, la société de gestion spécialiste du smart beta et des ETF de stratégie, filiale de Natixis Global Asset Management, annonce gérer désormais plus d’un milliard d’euros d’actifs. Ossiam a coté ses premiers ETF de stratégie en juillet 2011. Ossiam est ainsi la première société de gestion au monde à avoir commercialisé des ETF de stratégie Minimum Variance où les actions sont sélectionnées et pondérées dans le but de diminuer la volatilité. ETF Risk lui a décerné le prix des meilleurs ETF thématiques pour sa gamme de produits Minimum Variance en 2013. 

Volatilité simulée des indices

Rendemens trimestriels


Volatilité simulée 2004 - 2013