Les EPF sont les poumons du biotope novateur de la Drone Valley suisse

dimanche, 20.05.2018

Travaillant main dans la main, les laboratoires de l’EPFL et de l’EPFZ servent de tremplins à de nombreuses spin-off qui remportent un grand succès sur le marché des drones professionnels.

Sophie Marenne

Ce prototype inspiré de la chauve-souris est une des nombreuses idées qui germent au sein du Laboratory of Intelligent Systems de Dario Floreano à l'EPFL.

Les entreprises qui composent la Drone Valley nationale se sont principalement construites autour de deux centres névralgiques: l’EPFL et l’EPFZ. A École polytechnique fédérale de Lausanne, le Laboratory of Intelligent Systems fait office de cocon pour les start-up installées aux alentours. Bon nombre d’entre elles y sont nées, fondées par des chercheurs devenus entrepreneurs. Il est dirigé par le professeur Dario Floreano, qui est également le directeur du Swiss National Center of Competence in Robotics.

Selon ce spécialiste, l’industrie des drones helvétiques s’est développée non seulement grâce aux chercheurs, mais surtout en symbiose avec ceux-ci. «C’est un écosystème. Les chercheurs lancent des spin-off. Les spin-off sont en dialogues avec l’Office fédéral de l’aviation civile qui réglemente le milieu. La législation, très ouverte, nous permet de faire nos recherches. Cela crée encore plus de jeunes pousses, etc. Un véritable cercle vertueux.»

La genèse d’un biotope

En 2004, Dario Floreano a été le premier professeur de l’EPFL à s’intéresser aux drones. Son objectif: concevoir un engin autonome dans une approche inspirée par la biologie. «Mes collaborateurs et moi avons observé les êtres vivants, plus particulièrement les insectes. En 2006, nous avons conçu un appareil qui ne pesait que dix grammes. Peu après, nous avons réalisé le tout premier essaim d’une dizaine de robots volant façon coordonnée.» En 2009, le projet s’est mué en une spin-off: SenseFly.

En parallèle, une autre jeune pousse grandissait au sein de l’EPFL: Pix4D. Issue du laboratoire du professeur Pascal Fua, son activité était la création de visuel tridimensionnel sur base de simples photographies. «Un groupe d’étudiants se lançait en drone et un autre dans la modélisation 3D: c’était un mariage parfait car ils cherchaient tous deux des applications pour leur création. Etre hébergés ensemble au sein de l’EPLF Innovation Park leur a permis de s’accorder un avantage compétitif l’un l’autre». SenseFly et Pix4D ont été rapidement rejoints par d’autres spin-off. Notamment, les déjà reconnues Flyability et OpenStratosphere. 

Dernier né sur le campus, Dronistics est un système de livraison par drones: l’appareil dédié, nommé PackDrone, se présente en-touré par une cage pliable qui protège les personnes alentour et le colis.

Saine concurrence

Dario Floreano juge le biotope lausannois assez similaire à celui de l’EPFZ: «Nos milieux universitaires sont d’ailleurs fortement interconnectés. C’est agréable et très sain au niveau de la recherche». Il y a bien entendu une forme de concurrence entre ces EPF mais, selon Roland Siegwart qui dirige l’Autonomous Systems Lab de l’EPFZ, il s’agit d’une saine concurrence qui a tout son sens sur un nouveau marché. Plus d’une dizaine de spin-off sont sorties de son laboratoire sur une vingtaine d’années dont les start-up à succès Wingtra et Aerotain (lire page 22). L’EPFZ s’est spécialisée sur la localisation et le mapping et travaille souvent sur des drones de plus grande taille qu’à l’EPFL. Une innovation suisse a donné beaucoup de visibilité à la Drone Valley et elle vient de Zurich. Il s’agit du système PX4, un autopilote open-source pour contrôle des drones autonomes, qui a été développé par Lorenz Meier de l’EPFZ. Son système est l’un des plus utilisés au monde et a été adopté par des entreprises comme Intel, Qualcomm, Sony, et GoPro. 





 
 
 
 

AGEFI

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