L'économie suisse doit muscler sa productivité

dimanche, 31.12.2017

L'économie suisse affiche une productivité trop basse pour Samy Chaar, chef économiste de la banque privée genevoise Lombard Odier.

Pour Samy Chaar, le fait d'être assis sur un excédent d'épargne en Suisse est un non-sens économique lorsque tout va bien.

"En Suisse, nous sommes assis sur un excédent d'épargne considérable, mais qui n'est pas exploité, mis au travail", déplore Samy Chaar, chef économiste de la banque privée genevoise Lombard Odier.

"La productivité, cela se paie. Il faut aller la chercher, soit investir. Elle ne tombe pas du ciel", explique Samy Chaar dans une interview publiée dans les colonnes du Matin Dimanche. "Or cette dernière décennie, les Etats, comme les entreprises, ont moins investi, sans doute faute de visibilité."

Non-sens économique

Le fait d'être assis sur un excédent d'épargne en Suisse "est sans doute rassurant pour affronter des périodes difficiles, mais c'est un non-sens économique lorsque tout va bien". La croissance économique helvétique est attendue en effet en hausse l'an prochain et le franc s'est affaibli de près de 10% contre l'euro depuis l'été.

"Il ne s'agit pas de distribuer à la population des bons de consommation, mais d'investir pour maintenir notre compétitivité", précise le chef économiste de la banque privée genevoise. A ses yeux, investir dans les infrastructures, l'éducation et la recherche constitue "d'excellentes idées".

"Nos gains de productivité futurs viendront des investissements", conclut Samy Chaar. "Les secteurs privé et public doivent y participer."

Route de la soie

Concernant un autre sujet, Samy Chaar voit une réelle opportunité dans la stratégie économique et commerciale de la Chine. Il fait référence à la volonté de l'empire du Milieu de réunir l'Eurasie avec son projet de route de la soie. "Ce qui veut dire que l'Europe, et bien entendu la Suisse, devient centrale dans sa stratégie."

"C'est une chance et une énorme opportunité à saisir. On a peut-être un peu vite considéré que l'Europe était dépassée en ce début de 21e siècle", ajoute-t-il. "Or au moment où les Etats-Unis sont devenus peu lisibles dans leur politique et plutôt protectionnistes, c'est une carte maîtresse que le Vieux Continent pour jouer."(awp)





 
 
 
 

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