Le capital-investissement, levier de croissance pour Unigestion

mercredi, 27.12.2017

Grace à l’acquisition d’Akina notamment, l’entreprise genevoise a réalisé de belles performances en 2017. Elle vient de se lancer sur le marché américain. Elle prévoit maintenant d’augmenter ses effectifs.

Fiona Frick, CEO d'Unigestion

Le gestionnaire d'actifs Unigestion a levé 1,2 milliards de dollars sur ses stratégies de capital-investissement (private equity) depuis la reprise du zurichois Akina en début d'année. Cette acquisition a permis au groupe genevois d'étendre ses compétences dans ce domaine avec des résultats immédiats. «La prime d'illiquidité est une solution qui intéresse nos clients», a indiqué la directrice générale, Fiona Frick.

Le capital-investissement a contribué en grande partie à la performance réalisée par Unigestion ces derniers mois. «La croissance s'est révélée plutôt forte entre 2016 et 2017. Les actifs illiquides, principalement le private equity, ont rencontré le plus de succès», précise la CEO. Les stratégies de capital-investissement permettent de se détacher des classes d'actifs traditionnelles, qui sont très chères en ce moment, explique la CEO d'Unigestion. Le private equity représente actuellement un volume de quelque 7 milliards de dollars américains, sur une masse totale avoisinant les 26 milliards.

Depuis cinq ans, le gestionnaire genevois enregistre une croissance des volumes entre 8 et 10%. Ce rythme devrait prévaloir en 2018 également, à en croire sa dirigeante. Pour Fiona Frick, 2017 restera comme un jalon important, en raison du rachat d'Akina. «Historiquement, notre croissance est organique. Toutefois, cela faisait trois à quatre ans que nous cherchions à réaliser une acquisition dans le domaine du capital-investissement». Cet appétit rassasié, le groupe va désormais se concentrer sur la collecte d'argent pour développer sa masse. Une nouvelle reprise n'est pas exclue, mais la perspective semble plutôt improbable à court terme, à moins d'une excellente opportunité sur le marché.

A l’abordage des Etats-Unis

L'opération Akina a permis à Unigestion de s'assurer une place dans l'univers du capital-investissement, mais également de faire irruption sur un nouveau marché, les Etats-Unis. La société zurichoise menait déjà une activité soutenue outre-Atlantique, une base sur laquelle le nouveau propriétaire compte construire. (awp)

Le groupe genevois était déjà présent en Amérique du Nord, mais chez le voisin canadien. Les Etats-Unis - un grand marché très concurrentiel - inspiraient auparavant de la prudence aux dirigeants d'Unigestion. La reprise d'Akina a précipité les événements. «Cela nous a forcé à mettre en place un plan d'intégration du marché américain que nous n'avions pas envisagé par le passé», souligne la CEO.

Le gestionnaire d'actifs compte actuellement 1,5 milliards administrés aux Etats-Unis, soit quelque 4% de la masse totale. L'Allemagne et l'Autriche demeurent le principal débouché avec 21%, suivis du Royaume-Uni et de l'Irlande (19%). La Suisse constitue le troisième plus gros marché pour Unigestion, avec une part de 16% des actifs gérés. La concurrence se fait toutefois de plus en plus vive, une pression souvent exercée par des acteurs étrangers, note Fiona Frick. «La globalisation marche dans les deux sens. Cela nous a permis de croître ailleurs, mais il ne faut pas pour autant considérer le marché local comme acquis».

La France (13% de la masse) et le Canada (11%) figurent également parmi les autres principaux débouchés. La société financière espère par ailleurs se renforcer en Asie (2%), région prometteuse où son statut de "boutique" l'empêche encore de générer une croissance plus solide face à des acteurs bien établis.

Recrutement au programme 

L'année en cours a marqué la fin d'un projet informatique important lancé en 2014. Unigestion a remis au goût du jour sa plateforme, notamment afin de permettre aux analystes maison de traiter une plus grande masse d'informations, en ayant recours à des données encore plus complexes.

Ce renouvellement a consumé un «fort pourcentage» des résultats du groupe. Fiona Frick précise néanmoins qu'Unigestion est assez bénéficiaire pour se permettre chaque année de réinvestir dans «la recherche, la technologie et le recrutement de talents». Le gestionnaire compte 228 employés, un effectif qui continuera de gonfler chaque année d'environ dix personnes supplémentaires. Tous les domaines sont renforcés, que ce soit par l'engagement de gérants, d'analystes, de vendeurs, de techniciens ou de spécialistes marketing. L'ensemble du personnel d'Akina a été conservé après la reprise. 

Fondé en 1971, Unigestion est détenu à 73% par la direction, qui exclut totalement une introduction en Bourse (IPO). La société dispose de neuf filiales dans le monde, notamment à Genève, Zurich, Londres, Paris, Singapour et Montréal. La clientèle est composée principalement de fonds de pension, d'institutions financières et d'assureurs à respectivement 44%, 23% et 21% de la masse sous gestion. Les actions représentent la principale classe d'actifs avec plus de 14 mrd USD investis. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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