Anecova franchit une étape importante de son développement en Pologne

lundi, 18.09.2017

Après la naissance de plus de cinquante bébés issus du traitement AneVivo dans divers pays européens, Martin Velasco annonce la naissance des premiers bébés également issus de ce traitement dans une clinique de Katowice en Pologne.

Interview: Fathi Derder

Martin Velasco, président et CEO d’Anecova.

La procréation médicalement assistée (PMA) devient de plus en plus naturelle. Et la société lausannoise y contribue activement, avec succès. Anecova propose une technique de fécondation in vivo, dans l’utérus. Une solution unique au monde. La fécondation et le tout début du développement de l’embryon se font dans l’environnement maternel, plutôt que dans des milieux de culture utilisés en laboratoire. La société Anecova a récemment commercialisé AneVivo, un dispositif permettant une fécondation in vivo combinée avec une stimulation ovarienne normale, réduite, voire nulle. Avec succès: Anecova annonce ce mardi la naissance en Pologne des six premiers bébés conçus avec AneVivo.


Plusieurs années de recherche et de développement ont permis de développer une approche plus naturelle de la PMA. Et une étape clé vient d’être franchie. Rencontre avec le président et CEO d’Anecova, Martin Velasco.

Vous annoncez la naissance des bébés issus d’AneVivo à la clinique Gyncentrum de Katowice, en Pologne. C’est une étape importante?

Oui très importante. Nous sommes très heureux de pouvoir faire cette annonce aujourd’hui! La clinique GynCentrum de Katowice a décidé d’introduire la procédure Anevivo Natural Fertilization, avec la stimulation normale, mais aussi avec une stimulation plus faible, voire sans stimulation du tout. C’est historique. Et nous sommes les seuls à proposer cela in vivo, et, dans le cas d’un cycle sans stimulation, sans congélation de l’embryon. Pour nous c’est une première. Et comme nous sommes seuls sur ce marché, c’est une première au niveau mondial. Avec un résultat idéal: les parents sont ravis!

Quels sont les avantages d’une fécondation naturelle de ce type, in vivo?

Plusieurs avantages de taille: on utilise des ovules produits avec peu ou pas de stimulation, on réduit le nombre d’embryons, et la fécondation se produit dans l’environnement maternel, dans l’utérus, et non en laboratoire.

C’est bien meilleur pour la mère, psychologiquement, meilleur pour l’embryon, et fondamental, culturellement, pour certaines patientes avec des sensibilités réligieuses, pour lesquelles la congélation d’embryons est impensable. Enfin, nous avons des indications d’une performance supérieure du niveau du taux de grossesse.

Avec des perspectives de développement pour le don d’ovules...

C’est aussi un traitement que nous proposons. Des femmes d’un certain âge n’ont pas d’ovules de bonne qualité, il est impossible pour certaines de tomber enceinte. Elles ont donc recours à des donneuses qui transféreront leur ovule. Jusqu’à aujourd’hui, cet ovule était fécondé avec le sperme du mari et développé en laboratoire pour les trois à cinq premiers jours. Mais un ovule qui n’est pas le sien. Et donc la mère ne participe en rien à la fertilisation et aux premiers jours de développement de l’embryon. Avec Anecova, la future maman joue un rôle actif pendant la fécondation déjà.

Pourquoi ce développement d’Anecova se fait-il en Pologne, et non en Suisse?

D’une part, la clinique GynCentrum de Katowice est très dynamique, ils veulent se démarquer, innover. Cela dit, nous sommes également actifs au Royaume Uni, en Italie, en Espagne.

La Suisse? Nous comptons nous y développer avec quelques cliniques en 2018. La Suisse est très restrictive (note du rédacteur: le don d’ovocyte est interdit, et la loi se libéralise timidement). Et du fait de ces restrictions législatives, les cliniques restent petites. Les patientes vont plutôt en Espagne, au Royaume Uni, en Belgique ou en Pologne.

Vous visez de nouveaux marchés? Quels sont vos objectifs chiffrés?

C’est vrai que le marché est énorme, et il grandit très vite. Il y a environ 2.800.000 cycles de fertilisation in vitro par an dans le monde. Dont un million en Chine, en forte croissance suite à la fin de la «one child policy». Aujourd’hui, des millions de femmes chinoises de plus 40 ans veulent avoir des enfants. A un âge où il est très difficile de tomber enceinte. En Occident, les femmes veulent faire carrière, puis faire des enfants, vers 36 ans, quand la fertilité commence à chuter, pour passer de 30 à 35%, pour atteindre moins 5% à 40 ans... On voit ainsi des entreprises proposer à leurs collaboratrices de congeler leurs ovules pour avoir des enfants le plus tard possible ou d’autres qui vont jusqu’à offrir la fécondation in vitro à ses collaboratrices! Donc oui, le potentiel est énorme.

Mais le volume n’est pas important pour nous à court terme. Nos objectifs se résument en deux mots: qualité et performance. Nous ne voulons pas faire du volume, mais proposer des résultats uniques dans la performance d’AneVivo. C’est cela, le facteur clé. Et pour cela, il est fondamental que les cliniques soient bien formées, qu’elles sélectionnent bien les patientes et qu’elles exécutent bien la procédure. Le volume et la croissance suivront naturellement.


 
 

 



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