Libre circulation: les 4 infos à retenir du rapport du Seco

lundi, 29.06.2020

Le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) a dressé lundi son bilan annuel sur la libre circulation des personnes. Tour d'horizon des points clés à retenir à l'approche de la votation sur l'initiative "pour une immigration modérée".

Stéphanie Giroud

L'ALCP joue un rôle indispensable pour le recrutement de personnes dans des postes exigeant un faible niveau de qualifications. (Keystone)

1. L'immigration reste stable

L’immigration nette en provenance de l’UE et de l'Association européenne de libre-échange (AELE), dont font partie l'Islande et la Norvège, est restée stable en 2019, comptabilisant quelque 30.700 personnes, contre 31.200 en 2018. Par rapport à 2013, année record où la Suisse a enregistré l’arrivée nette de 68.000 personnes de l’UE et de l’AELE, le recul est de 55%. 

S’agissant des autres Etats, l’immigration nette a reculé de -2700, à 20.800 personnes en 2019.

Toutes régions confondues, le solde migratoire total s’est élevé à 51.500 personnes, soit environ 3200 immigrés de moins qu’en 2018. Il s’agit d’un niveau sensiblement inférieur à la moyenne annuelle calculée depuis l’entrée en vigueur de l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) en 2002, indique le Seco dans un rapport publié lundi. 

2. Les Suisses pas évincés du marché du travail

Selon le rapport du Seco, le taux de chômage des Suisses est nettement inférieur à la moyenne. Entre 2018 et 2019, le taux de chômage a reculé de 2,6% à 2,3%.

Depuis l’entrée en vigueur de l’Accord sur la libre circulation des personnes  (ALCP), le taux de chômage des ressortissants de l’UE et de l’AELE a progressé légèrement au-dessus de la moyenne. En 2019, les ressortissants allemands présentaient un faible taux de chômage (2,5%), contrairement aux Italiens, aux Français et aux Portugais, dont les taux évoluaient entre 3,4% et 3,9%. 

Les premières craintes selon lesquelles les Suisses seraient évincés du marché du travail en raison de l’immigration sous le régime de l’ALCP n’ont pas été confirmées, conclut le rapport du Seco. Il souligne que le potentiel de main-d’œuvre suisse et étrangère est utilisé de manière satisfaisante et que l’immigration que la Suisse a connu ces dernières années semble avoir répondu aux besoins du marché du travail. 

3. Plus de flexibilité sur le marché du travail

La main-d’œuvre immigrée contribue également à un engagement flexible correspondant aux besoins de l’économie. Elle effectue plus souvent du travail de nuit ou du soir que la population active née en Suisse et constitue un réservoir de main-d’œuvre flexible pour les entreprises sujettes à une demande saisonnière. 

Ces dernières années, l’ALCP a privilégié l’immigration de main-d’œuvre hautement qualifiée, ce qui a permis de contribuer à la transition structurelle de l’économie suisse vers des activités à forte valeur ajoutée, indique le rapport. L'accord joue également un rôle indispensable pour le recrutement de personnes dans des postes exigeant un faible niveau de qualifications. "Tandis que les Suisses se détournent toujours plus des professions requérant peu d’exigences professionnelles et cherchent à renforcer leurs compétences, les entreprises satisfont ainsi leurs besoins en personnel en recourant principalement à la main-d’œuvre de l’UE et de l’AELE", précise le Seco.

4. Volume de travail plus important pour les immigrés

L’immigration vers la Suisse sous le régime de l’ALCP est très fortement orientée sur le marché du travail, au vu de la forte participation des immigrés au marché du travail. En 2019, 89% des hommes âgés entre 15 et 64 ans qui ont immigré en Suisse après juin 2002 sous le régime de l’ALCP exerçaient une activité lucrative, contre 80% de femmes.

Les immigrés affichent non seulement un taux d’emploi supérieur à la moyenne, mais leur volume de travail est plus important que celui des autres groupes de population, indique le Seco. Cela ressort en particulier chez les femmes ainsi que chez les frontalières, dont le travail fourni a également été supérieur à la moyenne. En effet, comparées aux autres femmes, elles occupent nettement plus souvent des postes à plein temps et, avec 33,7 heures, leur durée hebdomadaire de travail est en moyenne de 15% supérieure à celle des Suissesses. 





 
 
 
 

AGEFI

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