Donald Trump favorable à des mesures de "bon sens" sur les armes

samedi, 10.08.2019

Pressé d'agir après de nouvelles fusillades, Donald Trump s'est dit vendredi favorable à des réformes de "bon sens" sur les ventes d'armes.

Charlotte Plantive

Donald Trump a a toutefois apporté un soutien sans réserve à la NRA, le puissant lobby des armes, qui fait douter de ses intentions. (Keystone)

Pressé d'agir après de nouvelles fusillades, Donald Trump s'est dit vendredi favorable à des réformes de "bon sens" sur les ventes d'armes. Il a toutefois apporté un soutien sans réserve à la NRA, le puissant lobby des armes, qui fait douter de ses intentions.

Six jours après les tueries à El Paso (sud) et Dayton (nord-est), où des jeunes hommes armés de fusils d'assaut ont abattu 31 personnes, le président américain a exhorté à tenir les armes à feu hors de portée des "personnes malades mentalement et dérangées".

Dans des tweets matinaux, il a souligné que les leaders du Congrès ont entamé des "discussions sérieuses" sur une éventuelle réforme des "vérifications des antécédents" des acheteurs d'armes. Il y a un "soutien extraordinaire" au Congrès à ce sujet, a-t-il ensuite affirmé à la presse. "Il y a davantage de pression pour que nous agissions", "le temps de l'inaction est terminé", a-t-il insisté.

Contacts avec la NRA

Dans le même temps, Donald Trump a confirmé avoir discuté avec des responsables de la National Rifle Association (NRA), qui s'opposent farouchement à toute régulation du marché des armes. "J'ai parlé avec la NRA et d'autres afin que leurs opinions tranchées puissent être pleinement représentées et respectées", a-t-il tweeté.

"Je suis le plus grand défenseur du Deuxième amendement qu'il puisse y avoir", a insisté M. Trump, en référence au droit constitutionnel - sujet à interprétation - de détenir une arme. Mais "des mesures de bons sens peuvent être prises pour le bien de tous", a-t-il assuré.

"Honnêtes citoyens"

Les armes à feu, auxquelles une grande partie des Américains sont très attachés, ont fait près de 40'000 morts aux Etats-Unis en 2017, en incluant les suicides. Et chaque fusillade de grande ampleur relance le débat entre leurs partisans et ceux qui souhaitent des régulations plus strictes.

Après la fusillade de Parkland qui a fait 17 morts dans un lycée de Floride le 14 février 2018, Donald Trump avait semblé soutenir une proposition démocrate d'interdire les fusils d'assaut, ironisant sur les parlementaires "pétrifiés" face à la NRA.

Mais il avait ensuite fait marche arrière, ne manquant plus une occasion d'afficher son soutien à l'organisation qui a contribué à hauteur de 30 millions de dollars à sa campagne présidentielle de 2016.

Le chef de la NRA Wayne LaPierre a prévenu jeudi qu'elle était opposée à "toute loi qui empiéterait injustement sur les droits des honnêtes citoyens". Selon lui, "les propositions en discussion n'auraient pas empêché les tragédies horribles d'El Paso et de Dayton".

Vacances parlementaires

Concrètement, deux réformes différentes sont à l'étude. En février, la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a adopté des projets de loi pour étendre les contrôles des antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs à l'ensemble des transactions, y compris aux ventes d'armes entre particuliers ou lors de foires itinérantes qui en sont aujourd'hui exemptées.

Les textes se sont enlisés, le leader de la majorité républicaine du Sénat Mitch McConnell ayant refusé de les inscrire à l'ordre du jour de la chambre haute.

Jeudi matin, 214 maires républicains et démocrates lui ont demandé de convoquer le Sénat en urgence pour qu'il adopte à son tour cette réforme. Mais Mitch McConnell a exclu d'écourter les vacances parlementaires des sénateurs. "Quand nous rentrerons, j'espère qu'on pourra se mettre d'accord et adopter quelque chose", a-t-il dit sans plus de précision.

Des sénateurs républicains ont de leur côté proposé d'adopter au niveau fédéral un dispositif qui existe dans certains Etats et qui permet de confisquer les armes de personnes jugées dangereuses par leur entourage.

Une telle mesure aurait peut-être servi à éviter la tuerie du Texas. Inquiète, la mère du tireur avait appelé la police quelques semaines avant le drame en signalant que le jeune homme possédait un fusil d'assaut. Comme il n'y avait rien d'illégal, la conversation s'était rapidement conclue.

Samedi, son fils a publié un manifeste anti-immigrés avant d'ouvrir le feu dans un hypermarché Walmart d'El Paso, à la frontière sud des Etats-Unis, tuant 22 personnes dont sept Mexicains. Depuis son arrestation, il a reconnu les faits et a expliqué avoir voulu tuer des "Mexicains", selon un rapport de police cité par le Washington Post.

Jeudi, un autre jeune homme armé d'un fusil d'assaut et vêtu d'un gilet pare-balles a été arrêté dans un supermarché Walmart du Missouri (centre). Ses intentions restent inconnues. (afp -ats)





 
 
 
 

AGEFI

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