La gestion des entreprises fédérales vaut des critiques au gouvernement

lundi, 19.08.2019

Michel Huissoud, directeur du Contrôle fédéral des finances s'est exprimé sur la gestion des entreprises fédérales.

Les intentions du gouvernement causent des manquements chez La Poste, les CFF ou Swisscom. (Keystone)

Le directeur du Contrôle fédéral des finances, Michel Huissoud, critique les intentions du Conseil fédéral pour ses entreprises. Les objectifs de rentabilité doivent être scrutées, a-t-il dit lors d'une interview publiée lundi par la NZZ.

Pour M. Huissoud, les intentions du gouvernement causent des manquements chez La Poste, les CFF ou Swisscom. D'une part, la Confédération attend de grands dividendes de ces entreprises. De l'autre, ces dernières doivent se comporter de manière correcte et ne pas viser de bénéfice dans certains secteurs. Ce calcul ne marche pas, estime M. Huissoud.

La Confédération ne doit pas faire de l'argent grâce à un portefeuille d'investissement. Pourtant, elle engrange chaque année plus de 800 millions de francs grâce aux dividendes versés par Swisscom, La Poste ou Ruag. "Je trouve cela discutable", ajoute le directeur du CDF.

Et de critiquer aussi le modèle de gestion. Le Conseil fédéral a récemment conclu dans un rapport que ce modèle a fait ses preuves. "Je ne peux pas comprendre cette conclusion généreuse." Les contrôles du CDF auprès de La Poste et de Ruag ont montré qu'il existe des lacunes importantes.

Election selon l'appartenance

Michel Huissoud est également sceptique quant aux critères d'élection des membres du conseil d'administration. "C'est la mode d'élire les membres en fonction du parti du chef du département", critique-t-il. L'appartenance à un parti ne doit pas être déterminante pour obtenir un siège.

Grâce à son autonomie des programmes, la SSR n'est pas soumise à la surveillance du contrôle des finances, critique encore M. Huissoud. Pourtant, le CDF examine aussi les tribunaux fédéraux et respecte l'indépendance juridique.

Pas d'avis politique

Dans l'interview, M. Huissoud prend également position sur des reproches selon lesquels il suivrait un agenda politique. "Le contrôle des finances doit soutenir le Parlement dans sa fonction de supervision. "S'il s'agit d'une mission politique, alors nous faisons d'une certaine manière de la politique. Mais nous n'avons pas d'avis politique", répond-il.

Le directeur avait notamment été critiqué pour un rapport sur des contrôles lacunaires de la Confédération concernant l'exportation d'armes - et pour sa publication quelques jours avant le lancement de l'initiative populaire "Contre les exportations d'armes dans des pays en proie à la guerre civile". L'accusation de suivre des buts politiques est absurde, avance M. Huissoud.(awp)





 
 
 
 

AGEFI

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