Statu quo au gouvernement, les Verts devront attendre

mercredi, 11.12.2019

Les Verts ont tenté de barrer la route au libéral-radical Ignazio Cassis, mais le Tessinois a été réélu au premier tour, tout comme les autres ministres.

Les sept ministres en place ont été réélus dès le 1er tour par le Parlement ce mercredi. (Keystone)

Les Verts n'ont eu aucune chance lors de l'élection du Conseil fédéral. Les sept ministres en place ont été réélus au 1er tour par le Parlement mercredi. Cette situation ne s'était plus reproduite depuis 1999. La socialiste Simonetta Sommaruga présidera la Confédération en 2020.

Malgré l'agitation avant le renouvellement du Conseil fédéral, aucun bouleversement ne s'est produit. Le Parlement a préféré miser sur la stabilité.

Les Verts, soutenus par le PS, ont tenté de barrer la route au libéral-radical Ignazio Cassis. Mais le Tessinois a été réélu au premier tour avec 145 voix, mieux que lors de son entrée au gouvernement en 2017 (125 voix).

Regula Rytz n'a récolté que 82 voix. Elle a ainsi à peine fait le plein des voix du camp rose-vert (83) et probablement reçu aucun soutien des Vert'libéraux. C'était pourtant le seul groupe bourgeois à avoir auditionné la présidente des écologistes.

Le PVL avait décidé de laisser la liberté de vote à ses membres. Son manque de solidarité pourrait affecter les relations entre les deux partis adeptes de la cause environnementale.

Formule magique

"L'ancienne formule magique a été dynamitée par les électeurs le 20 octobre", a déclaré le chef du groupe des Verts Balthasar Glättli avant l'élection. Le Conseil fédéral en place ne représente que 68,9% des électeurs et donne une majorité à la "droite dure", a souligné Roger Nordmann (PS/VD).

Tous les autres groupes du camp bourgeois avaient annoncé qu'ils soutiendraient la réélection d'Ignazio Cassis au nom de la concordance.

Pour Beat Walti, chef du groupe PLR, il n'y a aucune raison pour que le PLR renonce à l'un de ses sièges. La question d'une éventuelle entrée des Verts au Conseil fédéral devra se régler dans quatre ans au plus tôt, a ajouté Thomas Aeschi (UDC/ZG).

Le PDC n'a pas remis en question la prétention des Verts à entrer au gouvernement. Comme les autres partis, le centre s'est dit ouvert à une discussion sur la formule magique. Reste à savoir si ces déclarations seront suivies d'effets concrets.

Meilleurs scores personnels

Pour les autres conseillers fédéraux sortants, les choses sont allées tout aussi vite. La PDC Viola Amherd a été plébiscitée par 218 voix sur 232 bulletins valables. Elle a détrôné d'une voix Didier Burkhalter (2015). Seul Hans-Peter Tschudi avait fait mieux en 1971 (220 voix).

L'UDC Ueli Maurer a été confirmé par 213 voix sur 221 bulletins valables. Les socialistes Simonetta Sommaruga et Alain Berset ont récolté respectivement 192 voix (218 valables) et 214 voix (230 valables). Le Vaudois Guy Parmelin n'a pas non plus eu de peine à se maintenir avec 191 voix (204 valables).

La seule surprise est venue de Karin Keller-Sutter. Elle n'a obtenu que 169 voix, 21 allant à Marcel Dobler, libéral-radical saint-gallois lui aussi et 37 bulletins étaient blancs. Les sept ministres ont tous obtenu leur meilleur score depuis leur élection.

Le chancelier de la Confédération, Walter Thurnherr (PDC), a aussi été brillamment confirmé avec 219 voix (224 valables).

Présidence socialiste

Simonetta Sommaruga a été élue à la présidence par 186 voix sur 200 bulletins valables. "Primus inter pares" dès le 1er janvier, elle s'offrira une visibilité accrue. Sa première présidence de la Confédération l'avait déjà propulsée en première ligne après les attentats de Paris.

La présidente a souhaité que la législature à venir soit tournée vers les autres. "Je veux une législature qui ne soit pas égoïste, mais responsable", a-t-elle dit. Une politique sociale caractérisée par l'équilibre et la solidarité et la protection du climat feront aussi partie de ses priorités. Tout comme la clarification des relations avec l'UE.

Agée de 59 ans, elle est la cinquième femme à présider la Confédération avec Ruth Dreifuss (1999), Micheline Calmy-Rey (2007 et 2011, Doris Leuthard (2010 et 2016) et Eveline Widmer-Schlumpf (2012).

La cheffe du Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication succède à Ueli Maurer. Elle sera secondée par Guy Parmelin. L'UDC vaudois devient pour la première fois vice-président du Conseil fédéral. Il a obtenu 168 voix (183 valables). Cinquante-deux bulletins sont restés blancs.

La composition du Conseil fédéral restant identique, les départements ne devraient pas changer de patrons. Le gouvernement devrait toutefois trancher définitivement sur la répartition des dicastères lors d'une prochaine séance. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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