Les femmes regagnent du poids au gouvernement

mercredi, 05.12.2018

L'élection de Karin Keller-Sutter et Viola Amherd rééquilibre les rapports de forces au Conseil fédéral.

Désormais, le gouvernement compte trois femmes: la socialiste Simonetta Sommaruga, la libérale-radicale Karin Keller-Sutter et la démocrate-chrétienne Viola Amherd. (Keystone)

L'élection de deux femmes en un seul jour mercredi est une première dans l'histoire suisse. Elle rééquilibre les rapports de forces au Conseil fédéral. Mais il faudra attendre une prochaine élection pour qu'elles retrouvent la majorité, comme cela a été le cas, unique en son genre, en 2010-2011.

Désormais, le gouvernement compte trois femmes: la socialiste Simonetta Sommaruga, la libérale-radicale Karin Keller-Sutter et la démocrate-chrétienne Viola Amherd. Neuf femmes au total ont accédé aux fonctions du Conseil fédéral.

Le seul homme en lice, le conseiller aux Etats Hans Wicki (PLR/NW) n'a pas réussi à prendre l'un des deux fauteuils à repourvoir. Il n'y pas eu non plus "d'homme providentiel" pour venir troubler le jeu de l'élection féminine mercredi.

Majorité éphémère

L'accession des femmes au Conseil fédéral n'a rien d'un long fleuve tranquille. Elles n'ont régné à quatre contre trois qu'une seule fois en Suisse, de 2010 à 2011. Simonetta Sommaruga avait fait basculer la majorité en succédant à Moritz Leuenberger. Elle avait alors rejoint sa camarade de parti Micheline Calmy-Rey, Doris Leuthard et la PBD Eveline Widmer-Schlumpf.

Mais la révolution n'a été que de courte durée. Une fois le fauteuil de Micheline Calmy-Rey libre, Alain Berset s'y est assis. Les conseillères fédérales n'étaient dès lors plus que trois. Puis elles se sont retrouvées à deux en 2015 lorsque l'UDC Guy Parmelin a succédé à Eveline Widmer-Schlumpf.

Elisabeth Kopp ouvre la voie

Les femmes ont dû attendre longtemps pour décrocher des sièges de ministres. Les Suissesses obtiennent le droit de vote et d'éligibilité au niveau fédéral en 1971. Les rangs du Parlement se garnissent alors lentement de représentantes de la gent féminine.

La porte du Conseil fédéral leur reste toutefois longtemps close. Les socialistes tentent de la forcer en 1983 en présentant Lilian Uchtenhagen pour succéder à Willy Ritschard. Mais la majorité bourgeoise de l'Assemblée fédérale rejette cette candidature et élit Otto Stich.

Moins d'un an plus tard, la Suisse connaît sa première conseillère fédérale en la personne d'Elisabeth Kopp. Pendant cinq ans, le gouvernement compte une femme contre six hommes. Les déboires de la Zurichoise la poussent à démissionner et, dès 1989, le Conseil fédéral est à nouveau entièrement masculin.

Les femmes y font leur réapparition en 1993 avec la socialiste Ruth Dreifuss. Mais ce ne fut pas une mince affaire. Le Parlement n'a choisi la Genevoise que dans un second temps. Refusant la candidate officielle du PS Christiane Brunner, l'Assemblée fédérale s'est d'abord tournée vers Francis Matthey, qui, après une "semaine de réflexion" et les pressions de son parti, avait jeté l'éponge.

Mme Dreifuss est accompagnée dès 1999 par la démocrate-chrétienne Ruth Metzler. Micheline Calmy-Rey succédant en 2002 à Ruth Dreifuss, la proportion reste de deux femmes pour cinq hommes.

Coup d'arrêt

Certains croient l'heure d'un rapport de trois pour quatre arrivée en 2003. Mais c'est l'inverse qui se produit: le Parlement évince Ruth Metzler au profit de l'UDC Christoph Blocher et préfère le radical Hans-Rudolf Merz à sa collègue de parti Christine Beerli pour succéder à Kaspar Villiger. (ats)





 
 
 
 

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