Brexit: les réactions au vote du parlement britannique

mercredi, 16.01.2019

Le rejet par le parlement de l'accord entre Londres et Bruxelles sur le Brexit a suscité de vives réactions. Tour d'horizon.

La défaite de Theresa May au parlement britannique est historique avec un écart de 230 voix (432 voix contre vs 202 pour).

Suisse

-Philippe Waechter, Chef économiste, Ostrum AM

"La question est de savoir qui va porter le gouvernement britannique car l'idée générale est que Theresa May doit partir. En effet, Theresa May peut-elle être encore crédible après sa terrible défaite ? En aura t-elle la volonté ? Que peut-elle apporter désormais alors qu'elle a mis toutes ses forces dans la bataille? On peut imaginer des élections générales mais qui prendra le 10 Downing Street ? Theresa May ? Un brexiter ? Ou Jeremy Corbyn?

La première a un problème de crédibilité, alors qu'aucun brexiter ne veut le pouvoir tant que la question du Brexit n'est pas réglée et que la gauche britannique ne souhaite pas Corbyn à ce poste car il est trop extrême. Cela pose la question ainsi de qui pourrait endosser la responsabilité d'un deuxième référendum.On peut imaginer une extension de l'article 50 mais pourquoi faire ?

L'UE ne voudra pas bouger, à juste titre, et les britanniques ont déjà essayé de négocier le meilleur accord pour eux. La seule raison qui pousse dans ce sens est l'idée qu'in fine la raison l'emportera et que les britanniques renonceront au Brexit.

Reste la renonciation unilatérale de la procédure et qui serait portée par le Parlement ou le Brexit sans accord.L'incertitude reste entière n'est pas prêt d'être levée car Theresa May va probablement s'accrocher à son poste alors qu'elle n'a plus la main. 

Union européenne

L'Union européenne et ses Etats membres ont estimé que le rejet par le parlement de l'accord entre Londres et Bruxelles sur le Brexit faisait courir au Royaume-Uni le risque d'une sortie brutale de l'UE.

-Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit: "Jamais le risque d'un no deal n'a paru aussi élevé".

"Notre résolution reste d'éviter un tel scénario mais nous avons la responsabilité d'être lucides. C'est la raison pour laquelle, de notre côté, nous allons intensifier nos efforts pour être préparés à cette éventualité", a-t-il déclaré mercredi devant les eurodéputés à Strasbourg.

"Il appartient maintenant au gouvernement britannique de dire quelle est la prochaine étape. L'UE va rester unie et déterminée à trouver un accord" avait-il déjà prévenu mardi soir.

- Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker: "J'invite instamment le Royaume-Uni à clarifier ses intentions dès que possible. Il ne reste plus beaucoup de temps".

"L'accord de retrait est un compromis équitable et représente le meilleur accord possible. Il réduit les effets néfastes du Brexit sur les citoyens et les entreprises dans l'ensemble de l'Europe. Il constitue la seule solution pour garantir un retrait ordonné du Royaume-Uni de l'Union européenne".

"Le risque d'un retrait désordonné du Royaume-Uni s'est accentué avec le vote de ce soir. Même si nous ne souhaitons pas une telle éventualité, la Commission européenne poursuivra ses travaux d'urgence pour aider à garantir que l'UE soit pleinement préparée".

- Le président du Conseil Donald Tusk: "Si un accord est impossible, et que personne ne veut qu'il n'y ait aucun accord, alors qui aura enfin le courage de dire quelle est la seule issue positive?"

Allemagne

-Le ministre des Finances Olaf Scholz: "C'est un jour amer pour l'Europe. Nous sommes prêts. Mais un Brexit dur est la pire de toutes les possibilités pour l'UE, mais surtout pour le Royaume-Uni".

- La présidente du parti démocrate-chrétien CDU (au pouvoir), Annegret Kramp-Karrenbauer: "Un Brexit dur serait la pire de toutes les options".

- Pour le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, un report de la date du Brexit, prévu le 29 mars, n'aurait pas "de sens". "Cela n'aurait de sens que s'il existe également un moyen de parvenir à un accord entre l'UE et la Grande-Bretagne - et pour le moment, ce n'est pas une opinion majoritaire au Parlement britannique", a-t-il estimé.

M. Maas doute par ailleurs de la nécessité de renégocier l'accord avec l'Union européenne, soulignant qu'un "compromis" a déjà été âprement négocié.

France

- Pour le président de la République Emmanuel Macron: "La pression est plutôt chez eux" (les Britanniques).

"Il faudra de toute façon qu'on négocie avec eux une période transitoire parce que les Britanniques ne peuvent pas se permettre de ne plus avoir un avion qui décolle ou qui atterrit chez eux, et leurs supermarchés, à 70%, ils sont approvisionnés par ce qui vient de l'Europe continentale".

- Pour Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, un report de la date-butoir du 29 mars pour le Brexit est "juridiquement et techniquement possible, il faut que les Britanniques le demandent".

"Au moment où on en parle, ce n'est qu'une hypothèse, puisque Mme May ne l'a jamais demandé, ni personne de son entourage", a-t-elle cependant nuancé, ajoutant qu'il faudrait "un accord à l'unanimité des 27 autres membres de l'Union européenne pour dire: 'd'accord, vous aviez choisi la date du 29 mars pour sortir, vous nous demandez, OK, on repousse'".

Irlande

- Le gouvernement: "De manière regrettable, le résultat du vote de ce soir accroît le risque d'un Brexit désordonné. En conséquence, le gouvernement va continuer à intensifier des préparatifs pour un tel résultat".

Italie

Le Premier minstre Giuseppe Conte: "En attendant que le Gouvernement britannique clarifie ses intentions pour la suite, le gouvernement italien continuera de travailler étroitement avec les institutions et les autres Etats membres de l'UE pour limiter les conséquences négatives du Brexit".

L'Italie "poursuit et intensifie ses efforts pour être prête à tous les scénarios y compris celui d'un retrait sans accord le 29 mars".

Autriche

Le chancelier Sebastian Kurz: "Dans tous les cas, il n'y aura pas de renégociation de l'accord de retrait".

Espagne

Le premier ministre Pedro Sanchez: "Une sortie désordonnée serait négative pour l'UE et catastrophique pour le Royaume-Uni".( avec ats)





 
 
 
 

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