Le coronavirus fait les gros titres de la presse dominicale

dimanche, 09.08.2020

Le coronavirus fait encore les gros titres de la presse dominicale. Le lobbying massif de l'évènementiel et les difficultés rencontrées par les cantons pour identifier les sources de contamination ont notamment retenu l'attention. Revue de presse.

Le ministre de la santé Alain Berset est revenu une nouvelle fois sur les critiques adressées à ses services.(Keystone)

Selon le NZZ am Sonntag, le Conseil fédéral décidera mercredi prochain si la limite de 1000 personnes lors d'évènements tels que des matchs de football ou de hockey sur glace doit être assouplie. Dans la perspective de cette décision, le secteur de l'évènementiel a fait un lobbying massif. Il plaide pour des règles flexibles assorties de concepts de protection. Si ces derniers convainquent, les matchs avec public pourraient à nouveau être autorisés dès fin août, selon la SonntagsZeitung.

Le concept de protection pour les ligues de hockey sur glace doit être adopté par les clubs vendredi prochain. Il prévoit notamment une obligation générale de porter des masques pour les spectateurs.

Cafouillage de l'OFSP

La presse dominicale est revenue sur le cafouillage de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) à propos des sources de contamination. En raison de ce dernier mais aussi de la cacophonie entre la Confédération et les cantons et du manque de masques au début de la crise, les partis demandent de réformer la loi sur les épidémies, rapporte la NZZ am Sonntag.

Des représentants de plusieurs partis ont déclaré au journal alémanique qu'il était urgent d'introduire une meilleure collaboration entre les régions.

Le PLR veut pour sa part la création d'un centre national permanent de coordination de crises, dans lequel seraient représentées non seulement la politique, mais aussi la science et l'économie.Des politiciens du PS et du PDC soutiennent cette proposition.

Le ministre de la santé Alain Berset est quant à lui revenu une nouvelle fois sur les critiques adressées à ses services dans le Matin Dimanche et la NZZ am Sonntag. "L'erreur de l'OFSP montre simplement que celles et ceux qui gèrent cette pandémie sont des humains, pas des machines", souligne le conseiller fédéral dans le Matin Dimanche. Il ajoute que le problème a vite été identifié et corrigé. Il ne pense donc pas avoir perdu la confiance de la population.

Concernant le port du masque, qui n'était dans un premier temps pas recommandé, le ministre insiste sur le fait que le Conseil fédéral a établi ses recommandations en s'appuyant sur les avis de spécialistes et des organisations internationales "et non pas parce que nous manquions de masques, comme certains l'ont affirmé".

Cantons en difficulté

Les journaux dominicaux sont revenus sur les difficultés des cantons à contrôler l'application des mesures sanitaires et retrouver les lieux de contaminations.

Le SonntagsBlick rapporte que les cantons tardent à remplir leurs obligations en matière de contrôles des règles sanitaires. Depuis la mi-juillet, ils doivent effectuer des contrôles dans les entreprises. Ils doivent notamment veiller à ce que les restaurants recueillent les coordonnées de leurs clients, les employés d'abattoirs portent des masques de protection et que les règles de distanciation sociale soient respectées.

Un premier rapport de la Confédération montre que durant la troisième semaine de juillet, seuls quatre cantons ont effectué plus de 100 contrôles. La grande majorité des cantons n'ont fourni que des chiffres très bas, voire aucun.

Le SonntagsBlick rapporte également que, suite aux contrôles des listes de passagers des aéroports, les cantons ont identifié des personnes qui ont tenté d'échapper à la quarantaine. Selon une enquête du journal, les autorités des cantons de Glaris, Obwald, Soleure, Zoug, Zurich et des Grisons ont chacun identifié jusqu'à 10 personnes qui sont revenues d'un pays à risque sans se mettre en quarantaine. Le montant des amendes n'a pas encore été déterminé. Les procédures sont toujours en cours. Les contrôles ont été effectués par téléphone ou email.

La SonntagsZeitung relève quant à elle que le traçage des contacts ne fonctionne pas encore de façon optimale en Suisse. Selon de nouveaux chiffres, les contagions ne sont pas localisées dans de nombreux cas. Dans le canton de Berne, les traceurs ne sont pas parvenus à retrouver le lieu de l'infection dans 39% des cas en juillet. A Zurich, ce taux atteint même 65%.

Fin du télétravail en France

Télétravailler depuis la France ne sera plus possible dès le 1er septembre, rapporte le Matin Dimanche. L'accord conclu entre Berne et Paris qui suspendait les obstacles au télétravail des frontaliers arrive à échéance le 31 août et ne sera pas reconduit, sauf deuxième vague de coronavirus. Pour les employeurs helvétiques, cela signifie le retour de règles fiscales dissuasives. Par exemple, si un employé travaille plus d'un jour par semaine chez lui, en France voisine, les charges sociales doivent être versées dans l'Hexagone, où la part versée par l'employeur correspond à quatre fois celle retenue à Genève, illustre le journal. Et de préciser qu'un accord similaire signé avec l'Allemagne a, lui, été maintenu jusqu'à la fin de l'année.

Les vaccins d'AstraZenca proposés à la Suisse

Le fabricant de vaccins suédo-britannique AstraZeneca propose à la Suisse l'achat de vaccins contre le coronavirus, selon la SonntagsZeitung. Le vaccin développé par AstraZeneca et l'université d'Oxford est dans la phase III de test et a jusqu'ici donné de bons résultats. La société espère obtenir l'approbation de son vaccin d'ici à la fin de l'année. Si la Suisse souhaite obtenir ce vaccin, elle pourrait rejoindre à des conditions relativement favorables l'Alliance européenne pour des vaccins inclusifs. L'alliance a conclu un accord avec le fabricant de vaccins pour la fourniture de 400 millions de doses. Cependant, l'Office fédéral de la santé publique, qui est responsable de l'achat du vaccin, a refusé.

Urs Rohner pour une aide supplémentaire

Le président du conseil d'administration de Crédit Suisse, Urs Rohner, estime qu'une aide économique supplémentaire est nécessaire. Les aides accordées jusqu'à présent ne sont pas suffisantes pour faire face aux conséquences de la pandémie, indique-t-il dans une interview avec la SonntagsZeitung. Le programme d'aide de la Confédération n'est qu'une première étape et ne constitue pas un programme de relance économique. Comme la crise se poursuit, la Suisse devrait en profiter pour développer d'autres instruments d'aide qui mobilisent des capitaux privés, par exemple des partenariats publics-privés ou de fonds d'investissement privés. L'Etat peut fournir des incitations fiscales pour de tels investissements, souligne M. Rohner.





 
 
 
 

AGEFI

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